Survenant à longueur d’année mais très répandues en été les intoxications alimentaires sont nées de la négligence humaine. Elles sont à prendre au sérieux et le moyen le plus adéquat pour les éviter reste l’organisation de campagnes de sensibilisation des consommateurs qui doivent appliquer les recommandations qui leurs sont prodiguées, car ça y va de leur santé. Logiquement, ces campagnes d’explication devraient être lancées dès le premier juin, date du lancement officielle de la saison estivale, une période favorable à la survenance des intoxications alimentaires, de temps à autre en cas isolé quand ça touche un individu ou en cas collectif quand ça concerne un groupe de personnes. Les cas fréquents surviennent lors des fêtes, notamment de mariage, dans des cantines scolaires ou dans des collations. Comme elles impliquent toujours les interventions rapides des services de la Protection civile et du secteur de la santé nous avons consulté le docteur Hadjout Zoubir, médecin urgentiste, de garde à la polyclinique de Seddouk durant la nuit du lundi au mardi, qui a bien voulu nous donner certaines précisions. «Certes je ne suis pas tout le temps présent à la polyclinique, mais je dois avouer que durant ma présence nous n’avons enregistré aucune survenance d’intoxication alimentaire depuis l’entame de la saison estivale. Déjà les cantines scolaires sont fermées et c’est un problème en moins pour nous. Même si nous n’avons pas à présent des cas, nous devons pas crier victoire mais rester vigilants car l’été ne vient que de commencer d’autant plus qu’il coïncide avec le mois de Ramadhan où l’on consomme plus», a souligné notre interlocuteur qui a fait savoir que les intoxications alimentaires sont dues généralement à la consommation de produits alimentaires mal conservés au niveau des ménages ou des commerces qui ne respectent pas l’obligation d’innocuité de salubrité ou d’hygiène. «La mauvaise qualité de l’eau provenant de sources et puits se trouvant dans des endroits insalubres ou stockées dans de mauvaises conditions ainsi que la mauvaise conservation des pâtisseries et pizzas provoquent des intoxications alimentaires collectives», poursuit-il. Partant de cet adage «Il vaut mieux prévenir que guérir», Dr. Hadjout recommande l’organisation d’actions de sensibilisation des consommateurs à longueur d’année du fait qu’une intoxication alimentaire peut nécessiter l’hospitalisation des victimes dont les plus fragiles trouveront parfois la mort. Il dira à ce sujet : «Le consommateur ne doit jamais baisser de vigilance quand il est appelé à manger dans des endroits publics car ça le concerne en premier lieu. Pour cela, il doit s’abstenir d’acheter des produits n’importe où, surtout ceux rapidement périssables qui sont exposés en plein air sur les comptoirs des cafés ou carrément sur la voie publique à la merci de la poussière, des mouches et parfois du soleil. Comme il est conseillé de toujours jeter un coup d’œil sur la date de préemption portée sur la jaquette de la boite de conserve. Et parfois, cette date est en cours mais la boite est enflée ce qui atteste d’une fermentation du produit». Pour les citoyens que nous avons consultés, ils sont unanimes à dire qu’il y a aussi un moyen de prévention que les pouvoirs publics doivent créer ou renforcer. Il s’agit de la mise sur pied de brigades de contrôle qui doivent sévir en cas d’infractions avérées. Autrement dit, certains commerçants profitent de cette absence de contrôle en faisant fi des règles les plus élémentaires d’hygiène et de conditions de conservations des produits alimentaires périssables. Dans certains cas, des produits tels que les fromages sont exposés à même le sol, à l’air libre, le poisson est vendu au-delà des horaires réglementaires fixés par la loi. Parfois, des produits sont vendus sans étiquetages ni dates de péremption. Certaines APC ne doivent pas délivrer des autorisations d’exploitation des crémeries pour la période estivale sans exiger des mesures d’exploitation répondant aux normes. Cette activité lucrative ne nécessite pas de gros investissements mais recommande beaucoup de prudence dans la fabrication des glaces, leurs conservations et leurs ventes. Des équipements appropriés et des locaux adéquats doivent être exigés. Les services d’hygiène doivent veiller à ce que les équipements et les ustensiles utilisés soient suffisamment nettoyés.
L. Beddar
