Visite du wali sur les chantiers de la commune de Sour El Ghozlane – Le mécontentement de Maaskri

C’est sous un soleil de plomb et une chaleur caniculaire (41 degrés à l’ombre) que le wali de Bouira, M. Nacer Maaskri, a effectué dans la matinée d’hier, une visite d’inspection à travers les divers chantiers de la commune de Sour El Ghozlane, à une cinquantaine de kilomètres au sud du chef-lieu de la wilaya de Bouira. Et le moins que l’on puisse dire est que la quasi majorité des projets inspectés connaissent soit un retard non négligeable, soit un arrêt total. Tout d’abord et dans le chapitre des retards, on citera les travaux de l’aménagement du boulevard principal, reliant la commune à la route nationale (RN8) et l’évitement de la ville. Là Maaskri fut implacable : «Je ne suis pas du tout satisfait du rythme des travaux. Vous êtes en train de vous éterniser et vu l’allure des travaux, vous n’aurez pas terminé l’été prochain», dira le wali d’un ton agacé. Le chef de projet justifiera son retard par le fait que lors du mois de Ramadhan, «tout marche au ralenti (sic)». À cela le premier magistrat de Bouira rétorquera : «Puisque c’est ainsi, vous voilà mis en demeure ! Alors vous avez tout intérêt à accélérer la cadence monsieur !». Il faut dire que le taux d’avancement des travaux de ce boulevard atteint difficilement les 10%. Le projet a coûté plus de 200 millions de DA. Pour l’autre projet, relatif à la réalisation de l’évitement de la ville, la situation n’est guère meilleure, puisqu’il enregistre également un retard des plus significatifs. Et qui est le «coupable» de ces atermoiements d’après le chef de projet ? C’est encore une fois le mois de Ramadhan. «Nous travaillons en sous-effectif ! La chaleur, le mois de Ramadhan, les ouvriers font de leur mieux M. le wali», s’expliquera le chargé du suivi du projet. Autre projet inspecté et qui connaît lui aussi, un retard certain, c’est celui de la réhabilitation et la rénovation du réseau d’AEP de toute la commune de Sour El Ghozlane. Ce chantier, lancé au tout début de l’année, est composé de trois tranches. La 1ère dotée d’une enveloppe budgétaire de 200 millions de DA, la 2ème tranche évaluée 100 millions de DA et la troisième et dernière tranche estimée à près de 200 millions de DA. Toutes ces tranches enregistrent un taux d’avancement jugé «faible» par le wali, avec respectivement 25, 40 et 50%. «Je me demande ce que vous faites de vos journées ! Le temps passe, les dépenses également, il n’y a que les projets qui stagnent. Où je vais, je constate des retards et des arrêts (… ) Il est temps que vous vous ressaisissiez et le plus vite sera le mieux», s’est-il quelque peu emporté. Dans la foulée, le chef de l’exécutif de la wilaya inspectera de nombreux projets relatifs à l’amélioration urbaine à travers les divers quartiers de Sour El Ghozlane, à l’instar d’El Djebsa, la cité des 150 logements, le quartier Guerbas Aissa et la cité Hamidou. Sans grande surprise, la quasi-majorité de ces chantiers connaissent un taux d’avancement jugé «insuffisant» par le wali Maaskri. D’ailleurs, dans certains cas, les entreprises chargées des travaux n’ont pas encore été retenues. C’est dire que ce n’est pas demain la veille que les quartiers concernés seront enfin rénovés. Après en avoir terminé avec l’aménagement urbain, le cortège officiel se dirigera vers le nouveau pôle urbain de la ville de Sour El Ghozlane. Ce futur pôle, d’une capacité de plus de 1000 logements, est, pour ainsi dire, la seule satisfaction de cette visite. «Je suis assez satisfait de l’avancée des travaux. Cependant, il ne faudrait pas dormir sur vos lauriers, il faudra achever cet important programme dans les délais impartis», indiquera Maaskri. Au terme de cette visite, laquelle a été quelque peu raccourcie pour cause de canicule, il est plus qu’évident que bon nombre de projets restent otages des négligences des uns et du laxisme des autres.

Ramdane B.