Béjaïa prépare l’Aïd

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À moins d’une semaine de l’Aïd El Fitr, prévue pour le vendredi 17 du mois sauf changement de dernière minute, les familles s’affairent à régler les derniers détails pour accueillir cette fête, certes religieuse, mais surtout de délivrance en cette période estivale durant laquelle le mercure a fait des siennes en sus des dépenses financières faramineuses consenties un mois durant.

Le coup de grâce, c’est pour cette semaine. La fièvre acheteuse de nuit s’installe. Les sorties nocturnes des familles béjaouies se sont multipliées depuis quelques jours. Des ingrédients pour la confection des gâteaux aux habits pour les bambins, tout s’achète. Si pour les gâteaux, les ménagères essayent de faire la relation entre la qualité et les prix, pour les habits, c’est une autre paire de manches.

L’affluence n’est pas négligeable au chef-lieu de wilaya où les boutiques proposent une panoplie d’articles neufs qu’ils soient locaux ou chinois. Même si les marchandises importées de chine attirent les clients pour leurs prix abordables, même de moindre qualité ceux des friperies sont les plus cotés. À vrai dire, les chefs de famille sont peu regardant sur la qualité qu’ils le sont sur les prix affichés. Acheter des habits et des chaussures à une famille de plusieurs membres n’est pas chose aisée pour les pères. En effet, le portemonnaie a été mis à rude épreuve un mois durant, en raison des multiples dépenses qu’occasionnent, comme à l’accoutumée, le mois de Ramadhan. D’ailleurs, les achats pour l’Aïd ne se résument pas aux seuls habits et chaussures, mais aussi aux jouets et aux produits de consommation, tels que les fruits, les légumes, les viandes et les gâteaux pour ceux qui n’en feront pas à la maison.

Les chefs de famille doivent faire, au préalable, beaucoup de calculs avant de mettre la main à la poche. C’est tout un programme prévisionnel qui se fait pour ce genre d’événements. Il faut mettre de côté de l’argent à longueur d’année pour pouvoir répondre favorablement aux dépenses du mois de Ramadhan, de l’Aïd El Fitr, de l’Aïd El Adhha, qui aura lieu à la fin du mois de septembre et surtout de la rentrée scolaire, qui interviendra deux semaines avant cette dernière. C’est l’une des raisons pour lesquelles la friperie attire de plus en plus de gens à la recherche de «belles affaires». Le vêtement d’occasion est une aubaine à saisir. «Avec quatre enfants à charge et un salaire de misère, je n’ai pas d’autre alternative pour contenter toute ma famille», avouera Abderrahmane, un employé communal, rencontré dans un magasin de friperie.

Un signe, sans nul doute, révélateur d’une crise qui a précipité des pans entiers de la société dans les abysses de la précarité. Pour en revenir à l’ambiance et aux préparatifs de la fête de l’Aïd El Fitr, les rues, artères et boutiques du chef-lieu de wilaya ne désemplissent pas ces jours-ci. C’est la décade des achats à outrance pour une fête d’ambiance.

A.Gana

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