En une fraction de seconde, depuis jeudi dernier, chaque candidat au bac peut connaitre son sort. Devant son micro, chacun réagit selon les résultats affichés : larmes de joies ou de peine, cris d’allégresse ou de dépit. Deux états d’âme qui sont le propre de l’homme.
Et les élèves de terminale en font inéluctablement l’expérience, au moins une fois dans leur cursus. «Je l’ai eu !», cria une jeune fille en sortant d’un cyber, vers 10h, au centre-ville de Boumerdès où elle venait juste d’introduire au site de l’ONEC son numéro d’inscription aux épreuves du bac 2015. Toute joyeuse, elle appela ses proches pour leur communiquer la bonne nouvelle.
Des milliers d’élèves, tant à Boumerdès que dans d’autres wilayas, vivaient la même émotion au même moment. «Maman m’appelle et lance des youyous», jubile un autre jeune, près du siège de la wilaya. Anxieux, de nombreux candidats, souvent accompagnés de leurs proches, avaient en effet pris d’assaut les cybercafés. En fin d’après-midi, tous les concernés pratiquement avaient connu leur sort, alors que l’affichage des listes des lauréats dans les lycées était prévu pour le lendemain vendredi. Juste après la rupture du jeune, des centaines de lycéens laissèrent, en petits groupes, libre cours à leur joie.
A pied ou en voitures, les heureux lauréats, filles et garçons, parcouraient sans cesse le boulevard du front de mer de l’ex-Rocher Noir. Lancement de pétards ou de bombes fumigènes, chants et danses animèrent l’avenue principale. Une ambiance folle rappelant celles qui succédaient aux victoires de l’EN, lors des éliminatoires de la coupe du monde ou d’Afrique. La différence étant que la victoire est en l’occurrence individuelle. «Lève ta tête, bravo, tu l’as enfin obtenu», lance un jeune à l’un de ses camarades, effectivement admis au BAC lettres et philosophie, après l’avoir passé pour la seconde fois. Celui-ci confiera fièrement : «Pour moi, c’est un sentiment de délivrance.
Et c’est surtout pour mes parents qui sont maintenant très heureux». Il nous confiera que sa mère n’a point cessé de l’encourager à refaire sa terminale, alors que son père, en dépit de sa pauvreté lui a payé mensuellement, des cours de soutien dans certaines matières essentielles. D’autres parents, eux, consolaient leurs enfants non admis. Et les mots ne manquent guère pour éviter au candidat désabusé de sombrer dans le pessimisme. «Si Dieu ferme une porte, il en ouvre en même temps une dizaine d’autres», dira une dame à sa fille, recalée en gestion et économie. Et dans beaucoup de quartiers de la ville, les youyous n’ont cessé de fuser des balcons.
C’est toute Boumerdès, comme d’autres wilayas, qui a vibré pour la réussite de ses enfants qui ont passé une année éprouvante parsemée de grèves à la chaîne. «J’ai suivi des cours à domicile, dans la plupart des matières, y compris celles secondaires comme la philosophie, l’arabe et les langues étrangères. Je disposais même de deux professeurs de mathématiques, nous confiera Nesrine, une scientifique du lycée El Khalifa du centre-ville de Boumerdès.
Elle a obtenu son BAC avec une moyenne de 14/20. Dans la wilaya, le meilleur taux de réussite a été réalisé par un des lycées de Khemis El Khechna avec 85, 13%. Le lycée de Baghlia occupe quant à lui la 38ème et dernière place avec un taux de 45, 71 %. Le taux global des admis à Boumerdès pour cette cuvée 2015 et de 61, 93%. Mais l’on ne connaît pas encore son rang au niveau national.
Salim Haddou
