La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la condition de la femme, Mme Mounia Meslem, était, hier, en visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Bouira.
Lors de son périple qui l’a conduit dans les communes de Lakhdaria, Sour El-Ghozlane et M’Chedallah, Mme Meslem a procédé au lancement et à l’inauguration de plusieurs projets qualifiés de «structurants» pour son secteur. Ainsi, dans la commune de Lakhdaria, la délégation officielle a eu à poser la première pierre du futur centre psychopédagogique pour inadaptés mentaux. Ce centre, d’après les explications de la DAS de Bouira, aura une capacité d’accueil de 120 places pédagogiques, pour un montant de plus 135 millions de dinars et une durée de réalisation qui ne devrait pas excéder les 18 mois.
Toujours selon la DAS de Bouira, «ce centre, une fois achevé offrira aux enfants inadaptés mentaux une prise en charge médicale, orthopédique, psychologique et éducative». Concernant l’épineux problème du manque de place dans les divers centres psychopédagogies que compte la wilaya, la ministre indiquera d’un ton ferme : «Vous devez offrir une place pédagogique aux membres de cette catégorie (inadaptés mentaux, ndlr) dans les structures du secteur, en attendant leur intégration graduelle dans les établissements du secteur». Mme Meslem a rappelé également que la prise en charge rapide des autistes permet de les récupérer. Par la suite, direction l’Est de la wilaya et plus précisément à la commune de M’Chedallah, où le projet d’un autre centre psychopédagogique a été lancé par la ministre. Un projet de plus de 140 millions de DA et d’un délai de réalisation qui ne devrait pas dépasser les 20 mois.
«Ces projets sont la preuve évidente des efforts consentis par l’Etat en direction de cette frange de la société. Je peux vous dire que des sommes colossales ont été dépensées, ces dernières années, pour la réalisation de plusieurs projets afin de prendre en charge les handicapés», soulignera Mme Mounia Meslem. Par ailleurs et toujours dans le chapitre de la prise en charge de cette frange de la société la ministre de la Solidarité a insisté sur la nécessité de multiplier les cellules d’écoutes. «Nous devons être à l’écoute de cette couche vulnérable de la société. Et les cellules d’écoute et de prise en charge sont un maillon très important de notre politique», notera la ministre.
Au niveau de la commune de Sour El-Ghozlane, située au sud de Bouira, la ministre procèdera à l’inauguration de l’Ecole des jeunes aveugles (EJA). Selon les explications données à la ministre, dans cette école, l’enseignement dispensé sera conforme au programme national. C’est même là que se préparent les élèves pour le troisième palier. En outre, on apprendra que l’admission des élèves se fera à la demande des parents qui doivent impérativement passer par la psychologue et présenter une attestation médicale confirmant la cécité de l’enfant et de la nécessité de l’inscrire dans une institution spécialisée. Lors de cette étape, l’hôte de Bouira a instruit les responsables locaux de son secteur à «rationaliser leurs ressources financières» afin, préconisera-t-elle, «de garantir une meilleure péréquation entres les diverses structures relevant du ministère de la Solidarité».
Après en avoir terminé avec les inaugurations, le cortège officiel prendra la direction du chef-lieu de la wilaya, où une rencontre a été organisée avec les acteurs de la société civile et le mouvement associatif. Lors de cette rencontre, plusieurs acteurs du mouvement associatif ont exposé leurs doléances et leurs inquiétudes. Parmi elles, on citera le financement des associations. «Nous exerçons sous perfusion. Nous n’avons pas suffisamment d’aides pour compléter nos programmes», dénoncent certaines associations.
À cela, Mme Meslem se montra intransigeante et claire sur le sujet. «Les associations défaillantes qui se contentent d’aspirer les deniers publics n’auront aucun sou !», a-t-elle averti. Avant d’ajouter : «Nos aides irons vers les associations qui entrent dans le cadre du programme du ministère portant notamment sur la consolidation de la protection légale, la facilitation de l’accès à l’emploi, la protection de l’enfance et des personnes âgées et leur réinsertion dans le tissu familial (…) Nous avons un devoir de service public et de préservation des deniers publics», a-t-elle précisé. Lors d’un point de presse, la ministre a annoncé la mise en place d’un programme spécial de solidarité pour la wilaya de Ghardaïa. «Je vous annonce solennellement un programme spécial de solidarité pour Ghardaïa.
Cette wilaya est meurtrie par des conflits que certaines mains étrangères et même de l’intérieur tentent d’agiter», a-t-elle déclaré avant d’ajouter : «L’État, avec toutes ses institutions, fera face à tout individu qui tenterait de porter atteinte à la sécurité de son citoyen et à l’unité du pays et sa stabilité».
Ramdane B.

