Aïn El Hammam – Les piétons chassés des trottoirs

Par les temps qui courent, les piétons n’ont plus de place au centre-ville de Aïn El Hammam où par manque de civisme, certains de nos concitoyens leur interdisent, involontairement, l’accès. Un nouveau phénomène désobligeant et désagréable qui a vu le jour depuis le début de l’été. En effet, les honnêtes citoyens de passage, non avertis, reçoivent des trombes d’eau sur la tête à toute heure du jour. Lorsque ce n’est pas de l’eau de lavage que la bonne mère de famille déverse vers l’extérieur, ce sont les rejets liquides des climatiseurs qui gouttent de plusieurs mètres au dessus, noyant le trottoir et arrosant les passants. Si certains locataires et commerçants prennent la précaution de recueillir cette eau dans des bidons, d’autres ne se soucient guère des désagréments causés à leurs concitoyens dont ils abiment les vêtements.

Les trottoirs, toujours noyés, deviennent par moments de véritables patinoires où les passants sont obligés de patauger dans une eau boueuse. Et pour cause, les commerçants ne balaient pas devant chez eux, mais lavent, à des heures de grande pointe, leurs devantures au jet d’eau, sans se soucier de tremper ceux passant devant leur boutique. L’arroseur vous dira en guise d’excuse : «ce n’est que de l’eau». Par ailleurs, divers objets dont certains sont contondants, sont étalés ou suspendus telle l’épée de Damoclès sur les devantures de la plupart des magasins.

On ne peut passer sans frôler une scie, une brouette ou tout simplement risquer d’être aveuglés par d’autres objets tout aussi dangereux. L’espace est réduit par des caisses, des outils à vendre ou même divers contenants de produits d’alimentation générale qui sont exposés sur une moitié du trottoir. Ils ne permettent le passage de deux personnes à la fois, surtout aux endroits «bien achalandés». Il ne reste alors aux citoyens que de se déporter pour squatter, à leur tour mais malgré eux, la chaussée, au grand dam des automobilistes, tout aussi mal lotis.

«Puisque les trottoirs ne nous appartiennent pas, on se rabat sur l’asphalte tant que les automobilistes nous en laissent un bout», lance un vieil homme qui vient de recevoir sur le crane quelques gouttes de ce liquide douteux provenant du deuxième étage d’un bâtiment de la grande rue.

A. O. T.