Depuis la fin du mois de Ramadhan, la célébration des fêtes familiales a atteint sa vitesse de croisière. En effet, si, dans le passé, ces événements n'étaient visibles que les week-ends, ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Du samedi jusqu’au jeudi, il ne se passe pas un jour sans qu’on n’entende de la musique s’élever haut dans le ciel. D’ailleurs, même les artères de la ville ne se vident pas de cortèges nuptiaux à telle enseigne que les autres automobilistes ne savent plus comment échapper à ces embouteillages immenses qui s’y forment.
« Ce n’est pas la durée que je mettais de l’entrée de la ville jusqu’à la sortie vers Tizi-Gheniff qui m’agace, mais ce sont surtout ces chauffards qui ne respectent rien. Entre klaxons stridents et assourdissants et mauvaises manœuvres, il faut être patient. En plus de cela, vous êtes harcelés de partout. Si vous réagissez, attendez-vous à des propos déplacés et même à des agressions », nous dira ce quinquagénaire dérangé par de tels comportements. Quotidiennement, avant même la tombée de la nuit, des haut-parleurs diffusent à hautes décibels de la musique à profusion.
L’autre phénomène qu’on vient de constater est ces cortèges qui s’arrêtent en pleine ville. Les fêtards descendent des véhicules et se permettent des tours de danse sur la chaussée allant jusqu’à bloquer la circulation. Ce qui gêne au plus haut point et qui dérange la quiétude des citadins sont tous ces fumigènes balancés en l’air même en pleine nuit. « Dès quatre heures du matin, des pétards comme des bombes transgressent l’espace aérien de notre cité. C’est devenu une habitude. Personne ne se soucie des malades, des bébés ou encore moins de ceux qui ont besoin de dormir tranquillement pour se lever tôt. Ne dit-on pas que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres? », nous interrogera un commerçant du centre-ville qui jure n’avoir pas fermé l’œil toute la nuit.
Des situations aussi gênantes les unes que les autres sont évoquées par de nombreuses personnes. D’aucuns se remémorent les fêtes des années 70 quand les troupes d’Idhaballen accompagnent les fêtards jusqu’au lever du jour sans pour autant gêner les voisins. « C’était un autre temps et d’autres mœurs », regrettera cet autre septuagénaire visiblement agacé par ces tapages nocturnes. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que l’Etat doit veiller à la quiétude des citoyens. « Je me rappelle que lorsqu’on demandait l’autorisation de fête, sur le récépissé qu’on nous remettait, il est écrit au verso «coups de feu interdits». Mais, aujourd’hui, tout le monde se permet tout. À quand l’application de la loi dans toute sa rigueur? », nous interrogera un sexagénaire.
Quant aux dégâts provoqués par les cortèges sur les routes, ils sont nombreux. Et souvent, il y a des morts. Dès lors que le responsable de la fête ne dirige pas son cortège, il faut s’attendre à des drames qui transforment la joie en deuil. Combien de fois avons-nous vu de jeunes conducteurs excités zigzaguer en pleine route. Devant tant de dérangements, il est temps de sécuriser nos routes par des agents en nombre suffisant d’une part, et d’infliger de grandes sanctions à ces pollueurs sonores qui piétinent la quiétude des autres, d’autre part. Ce n’est guerre une répression qui est demandée, mais c’est seulement une certaine retenue afin que nos fêtes aient un sens de joie et de bonheur.
Amar Ouramdane

