Comme nous l’avions déjà rapporté dans ces mêmes colonnes, la commune de M’Kira (60 kilomètres à l’extrême sud de Tizi-Ouzou) vit une crise aiguë sans précédent en matière d’alimentation en eau potable. En effet, depuis plus de deux mois, la quantité d’eau pompée vers cette municipalité à partir de la station de reprise n°4, dite de Boutaka, est très insuffisante pour satisfaire plus de dix-sept mille habitants. Aucun village n’est épargné par ce problème récurrent. D’ailleurs, pour exprimer leur mécontentement, des représentants de tous les villageois accompagnés du maire, M. Amar Akrour, et ses adjoints, ont observé jeudi, dans la matinée, un sit-in devant l’agence de l’ADE de Draâ El-Mizan. «Nous avons soif. Pourquoi ce manque ? Donnez-nous notre quota. Nous ne demandons pas plus !», diront à l’unanimité les contestataires. Durant cette action qui s’est poursuivie durant au moins trois heures de temps, ces représentants ont exprimé leur désarroi, menaçant de mener d’autres actions plus radicales. Présent aux côtés de ses administrés, la P/APC de cette municipalité estimera que sa commune est trop lésée. «En principe, nous devrions recevoir quotidiennement 3000 mètres cubes. Malheureusement, depuis deux mois, nous ne recevons que 500 mètres cubes. Comment les répartir sur plus de vingt villages ? Il faut que l’ADE revienne au programme sur lequel nous nous sommes entendus. De notre côté nous sommes prêts à prendre en charge la moitié du coût des compteurs tout en appelant les services de l’hydraulique à résoudre ce problème», nous déclarera le maire. De son côté un responsable de la dite agence rassurera les contestataires que ses services feront tout pour que le pompage soit continu afin d’atténuer un tant soit peu cette crise. «Ces perturbations sont dues essentiellement aux fréquentes coupures électriques au niveau de la station de pompage de Djebahia ( Bouira). En plus de cela, il faut souligner qu’il y a trop de fuites sur la conduite principale vers M’Kira. Je m’engage ici devant les responsables de cette APC à prendre la gestion du réseau dès que les compteurs seront installés», nous confiera ce même responsable. Il insistera sur le fait qu’il y a en effet trop de fuites et une surconsommation d’eau, notamment en cette période de grandes chaleurs. Notre interlocuteur dira néanmoins qu’en dépit de tout cela, la situation est gérable, les populations du versant sud étant désormais satisfaites de leur alimentation en eau. «Les occupations des sièges d’APC et le blocage des routes ne sont plus d’actualité. Nous recevons jusqu’à 15 000 mètres cubes/jour que nous répartissons sur Draâ El-Mizan, Tizi-Gheniff et Frikat. La pose des compteurs est la seule solution pour éviter le gaspillage par des citoyens qui ne soucient pas du manque dont souffrent ceux qui n’ont pas l’eau», conclura notre source. Au terme de la réunion tenue au siège local de l’ADE, les deux parties ont décidé de s’entraider pour régler la crise. Aucun incident majeur n’est à déplorer. Les protestataires se sont dispersés dans le calme en gardant l’espoir que l’alimentation en eau soit rétablie dans les prochaines quarante-huit heures.
Amar Ouramdane
