Lors d’un point de presse qu’il a tenu, hier en début d’après-midi dans une salle mitoyenne au restaurant Madaur à Boumerdès, le président de l’association départementale des diabétiques, M. Mohamed Mokri, s’est vivement opposé à la récente décision de la direction générale de la CNAS et de la CASNOS limitant la prise en charge des malades utilisant les bandelettes d’auto-surveillance de leur glycémie, remboursées en pharmacie.
Ces derniers n’ont droit, à présent, qu’à une seule boite de 50 bandelettes pour une durée de trois mois, alors qu’ils en utilisent en moyenne trois par jour. Prise de concert avec le ministère de l’Emploi, cette décision est qualifiée d’arbitraire, puisque le médecin est le seul habilité argumente-t-il, «à prescrire pour son malade la quantité de lecteurs de glycémie dont il a besoin». «Nous refusons cette tentative d’application de la politique d’austérité de la part de la CNAS au détriment des diabétiques», a-t-il martelé en s’insurgeant encore contre cette décision administrative qui se substitue arbitrairement à la décision médicale.
Celle-ci tient compte nécessairement de l’équation personnelle de chaque malade, avec sa propre résistance aux troubles d’ordre physiologiques ou psychologiques. L’état de santé des diabétiques, notamment ceux de type 2, n’est connu, a-t-il insisté «que par leurs médecins», eux seuls ont la responsabilité de leur ordonner le nombre de ces bandelettes et d’en modifier éventuellement les horaires de leur utilisation. Et les concernés sont ainsi mis, pour la plupart, dans l’obligation d’acheter d’autres boîtes à raison de 1 800 DA l’unité.
Alors que leur prise en charge, comme d’autres malades chroniques, «est assurée intégralement par l’Etat», a encore noté le conférencier, en précisant que les pharmacies n’ont fait que mettre en application une telle décision de la CNAS à laquelle elles sont affiliées. Des milliers de diabétiques, dans différentes régions du pays, ne peuvent évidemment pas effectuer cette dépense supplémentaire, d’autant plus que les frais relatifs à leur régime alimentaire sont déjà trop élevés.
Présents à cette conférence de presse, deux diabétiques de type 2, dépassant l’un et l’autre la soixantaine, ont indiqué qu’il leur arrive parfois de contrôler leur glycémie plus de cinq fois par jours et ce quotidiennement. «Lors de chaque malaise, l’on ignore si on souffre d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie», tient à préciser l’un d’entre eux, pour montrer justement le degré d’importance de ces bandelettes de contrôle, dont l’instance susmentionnée voudrait en diminuer le remboursement, sans l’accord apparemment des ministères de la Solidarité et de la Santé.
Salim Haddou
