Ultimatum de deux jours « accordé » aux autorités

Un ultimatum de 2 jours assorti d’un gel de toute activité pédagogique pour la même période a été finalement « accordé », hier, par les 1 200 étudiants « SDF » de l’université de Béjaïa aux responsables concernés, leur demandant de trouver une solution à leur problème d’hébergement, c’est-à-dire de procéder à l’ouverture de la nouvelle cité des 1 000 lits de la pépinière en voie d’achèvement. Tout au long de l’imposante marche qui les a conduit du campus de Targa-Ouzemour à la wilaya, puis à la nouvelle cité de la pépinière en empruntant la route des Aurès, les étudiants se sont jurés de forcer les grilles d’entrée des blocs de la cité et d’occuper de fait les chambres, que les responsables concernés leur ont promis depuis des lustres. Il était 12h30 exactement lorsque les premiers marcheurs ont atteint le portail de la cité ciblée. Ils marquent un temps d’arrêt pour permettre aux autres manifestants d’arriver et de se regrouper devant la grille. Un petit discours d’encouragement de la part d’un délégué des étudiants, et la masse fonce à l’intérieur de la rutilante cité aux tuiles rouges. Quelques ouvriers s’y affairent à mettre en place des trottoirs, à porter les dernières retouches aux avaloirs des eaux de pluie et à compacter à l’aide d’un rouleau compresseur le tout-venant de la cour. A noter que si dimanche, les policiers ont chargé les étudiants à Aboudaou, ici, ils se sont contentés de seulement filmer leurs mouvements. Les étudiants choisissent un bloc, celui du fond. Les délégués des cités montent sur les marches du perron et commencent à haranguer la foule qui arrive en pataugeant dans la boue. On n’entend pas. On demande à l’orateur de parler plus fort. Le discours fait peu à peu place à un palabre interminable, certains veulent cisailler tout de suite la chaîne et le cadenas qui empêchent la porte de s’ouvrir et de prendre possession des chambres, séance tenante, d’autres préconisent la sagesse et l’organisation. « Après tout, nous sommes la crème de la société ». Ceux qui sont pour l’action immédiate rétorquent « une occasion pareille ne se présentera jamais à nous ». Pendant que les discussions s’éternisent, les étudiants tenaillés par la faim, commencent à se disperser un à un. A un moment donné, il n’en reste qu’à peine une centaine à faire masse autour des délégués qui, d’ailleurs, se sont empressés d’annoncer les décisions prises, à savoir : si les autorités concernées ne trouvent pas de solution à leur problème d’hébergement dans 2 jours, ils reviendront défoncer eux-mêmes les portes de la nouvelle cité de 1 000 lits. De plus, durant cette même période de 2 jours, ils ont décidé de geler toute activité pédagogique. Pour rappel, ces mêmes étudiants « SDF » avaient, la veille, soit toute la journée du dimanche, procédé au blocage de la RN9 au niveau du campus d’Aboudaou pour réclamer haut et fort leur hébergement. Pour toute réponse, soutiennent les étudiants, ils ont eu droit à un matraquage musclé de la part des forces de l’ordre. A noter cependant que le responsable de l’ONOU a demandé aux étudiants un peu de patience du fait du retard pris par les travaux de la nouvelle cité.

B. Mouhoub