Pratiquement, tous les villages de cette commune ont soif. Après que les habitants d’Idouchouthène et d’Igdourène qui ont, dernièrement, exprimé leur colère pour demander leur part d’eau, en fermant la mairie de Tighilt Bougueni, hier, d’autres villageois ont initié deux actions de protestation.
Il s’agit des habitants d’Ath Messaoud, un village situé à l’extrême du chef-lieu communal, à la frontière avec la wilaya de Boumerdès. Ils ont fermé la mairie de leur commune et le siège de la daïra de Tizi-Gheniff. Ces protestataires réclament, eux aussi, leur part d’eau. Car, à les entendre, leurs robinets sont secs depuis longtemps surtout depuis le début de l’été. « On a soif! », telle est la réponse que nous donnera tout protestataire approché à ce sujet.
Tous les habitants recourent à l’achat de cette denrée indispensable notamment en cette période de grandes chaleurs. « Ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre tous les trois jours d’acheter une citerne d’eau à 1 600 dinars. La consommation en eau potable nous coûte plus que le budget des autres dépenses. On ne sait pas pourquoi on est pénalisés de la sorte. Allez-y comprendre qui gère cette eau », nous répondra un membre du comité de village. Comme celui-ci, ils étaient nombreux à vouloir faire part de cette crise sans précédent. Durant toute la matinée, les protestataires maintenaient leur sit-in devant la mairie et le siège de daïra.
En outre, ces citoyens ont soulevé le raccordement de leur village au réseau du gaz naturel et le bitumage de la route de leur village vers le CW107. Les contestataires sont décidés à maintenir la pression jusqu’au règlement définitif de cette situation. « Si une commission ne viendrait pas de la wilaya, nous n’accepterons pas de discuter avec les autorités locales, car ce ne seront que des promesses qu’elles nous donneront », soulignera une autre personne.
Pour le maire de la commune, le manque touche tous les villages parce que sur les 5 000 mètres cubes prévus, dira-t-il, la quantité reçue est seulement de 500 mètres cubes. « Comment gérer cette petite quantité? », nous avait-il interrogé dernièrement lors du sit-in des représentants des villages et des responsables locaux devant l’ADE de Draâ El-Mizan. « Pour gérer le réseau de M’Kira, il faut qu’il y ait des compteurs.
Il y a trop de pertes et on ne peut satisfaire tout le monde. Si l’APC assure la pose des compteurs, nous prendrons en charge ce réseau », nous avait confié une source proche de l’ADE. L’été n’est pas encore terminé et l’automne sera encore difficile pour ces montagnards où même les sources locales ne les satisfont plus.
Amar Ouramdane
