La localité de Chemini, à l’instar des autres régions du pays, a été au rendez-vous pour commémorer l’anniversaire de la tenue du congrès de la Soummam, un certain 20 août 1956. Cette date, mémorable de l’histoire de l’Algérie, a donné naissance au Congrès de la Soummam et qui constitue le vrai souffle pour la révolution. De même, le 20 août constitue une date qui a marqué la mémoire collective des citoyens de la région. Les fondements du Congrès de la Soummam sont toujours d’actualité dans les esprits des habitants. Ce faisant, l’association sportive, J. S. Chemini tient mordicus à marquer l’événement par l’organisation d’un événement, devenu un rituel au fil des années, à savoir la fameuse course des villages. Le concept consiste à réunir le maximum d’amateurs de l’épreuve de course à l’occasion de la date éponyme afin de rendre un vibrant hommage, à sa manière, aux architectes du congrès de la Soummam. Comme à l’accoutumée, les organisateurs de la course des villages ont bien ficelé l’itinéraire parcouru par les compétiteurs, lesquels sont venus en masse. En ce jeudi 20 août 2015, le départ a eu lieu à 16 h avec une participation massive de sportifs de toute tranche d’âge. Toutefois, l’organisation de tels événements, coïncidant avec des dates commémoratives, ne draine plus des foules comme c’était le cas dans les années précédentes. La nouvelle génération semble tourner le dos à son histoire, d’autant plus que certains jeunes que nous avons interrogés sur la question afférente à ce que représente le 20 août pour eux, les réponses étaient presque similaires et vont dans le même sens. «On nous a tellement gavés avec l’histoire de la révolution, qui revient comme une ritournelle, que nous n’osons même pas écouter ou suivre ce type de commémoration», déclare tout de go un jeune lycéen. Par ailleurs, l’ancienne génération reste nostalgique à une époque qu’ils ont vécue en chair et en os. «L’indépendance était le Graal des moudjahidines qui n’ont pas hésité une seconde à se sacrifier pour que leurs frères vivent dans la liberté», avoue avec émotion un octogénaire. Au demeurant, il faut rappeler que la grande force des résolutions du congrès de la Soummam réside dans le fait qu’elles ont clairement défini les buts politiques de la guerre de libération nationale. Les activités concoctées par-ci par-là aux quatre coins du pays se doivent d’abord être un moment de remémoration d’une date ô combien importante dans la vie du pays. Cette date qui a vu la naissance d’une révolte structurée au sens large du terme, même si, aujourd’hui, Abane Ramdane, l’architecte de cette réunion, est traîné dans la boue de l’histoire par ceux qui l’ont assassiné.
Bachir Djaider
