Boumerdès Deuxième édition du Salon de la vannerie du 23 au 27 Août – Vente des produits et mise en relief d’un savoir-faire ancestral

Ouverte à la maison de l’environnement de Boumerdès par la ministre déléguée de l’Artisanat, Mme Aicha Tagabo, la deuxième édition du salon de la vannerie draine déjà de nombreux visiteurs. Le directeur de la chambre de l’artisanat et des métiers, Osmani Ali, s’en félicite et veille scrupuleusement à la bonne organisation de ce salon qui s’étalera jusqu’à jeudi prochain, en assurant une prise en charge convenable des exposants. Depuis avant-hier, les artisans présents au Salon expliquent au public, curieux, venu en masse des quartiers et villages environnants, les techniques de fabrication de leurs produits.

Habitués aux expositions et foires économiques, ces participants, au nombre de soixante-dix, dont une vingtaine de Boumerdès, tentent de faire adhérer les citoyens à leur cause et écouler leur marchandise. «En dépit du fait qu’il manque de moyens financiers, le client algérien de classe moyenne n’est guerre indifférent à la qualité de toute marchandise», attestera la présidente de l’association ‘’Essouhoub’’ pour la renaissance des industries traditionnelles de Laghouat, Mme Kaabache Fatima. Diplômée dans ce métier de vannerie, avec une attestation de reconnaissance au Maroc, suite à sa participation à un salon maghrébin de la vannerie, cette artisane présente dans ce Salon une gamme d’articles ménagers en alfa, fortement appréciés par les visiteurs.

Utilisant la même matière en plus de la vannerie, une jeune femme de Djelfa à vendu déjà une importante quantité de ses produits traditionnels. Elle tient à expliquer aux clients que les matières naturelles utilisées, comme l’alfa imbibé d’huile de cade, sont des désinfectants de premier ordre. «Si les consommateurs découvrent aujourd’hui les innombrables vertus de l’alimentation biologique, il n’y a pas de raison pour qu’ils continuent d’utiliser les objets en acier ou en plastique, rapidement dégradables et polluant inévitablement l’espace vital», ajoutera la présidente de l’association ‘’El intassar’’ de Chlef, présente avec quatre stands de vannerie.

Ayant appris le métier de sa mère, une autre artisane de Aïn Témouchent est elle aussi convaincue de la nécessité de développer la production de ces articles de ménage traditionnels qui ont l’avantage de préserver l’écosystème. Pour Mme Betrouna, qui représente son village de même nom relevant de Tizi-Ouzou, une large partie de la population n’ignore point l’importance, loin s’en faut, de tels objets ménagers fabriqués à la main, mais elle attend impatiemment des pouvoirs publics, comme de nombreux artisans, l’octroi d’un local pour pouvoir faire connaître et commercialiser sa marchandise.

«Tout ce que vous voyez comme chaises, bonbonnières, tables, couffins et autres articles, je les fabrique à la main, à la maison, et le local est mon souci principal», a-t-elle tenu à nous confier. Après son tête-à-tête avec la ministre déléguée de l’Artisanat, avant hier, la nouvelle wali de Boumerdès, Mme Nouria Yamina Zerhouni, s’apprêterait à envoyer des mises en demeure aux bénéficiaires de locaux commerciaux non utilisés ou détournés de leur vocation, afin de les attribuer aux artisans. «A ces derniers de se présenter avec leurs dossiers à la chambre de l’artisanat et des métiers», a tenu à rappeler le premier responsable de cette structure, M. Osmani, d’autant que deux maisons de l’artisanat seront, à très court terme, réceptionnées, l’une au chef-lieu de wilaya et l’autre dans la ville côtière de Dellys.

Salim. Haddou