Chorfa Devant l'impuissance des oléiculteurs – La mouche d'olive fait des ravages

La commune de Chorfa, dont le chef-lieu est à 50 kms à l'Est de Bouira, recèle un impressionnant verger oléicole, occupant une vaste superficie de terres arables.

La plaine d’Arafou, qui parcourt d’Est en Ouest cette municipalité se taille, à elle seule, la part du lion, avec des centaines d’hectares plantés de milliers d’oliviers majestueux, et plusieurs fois centenaires pour la majorité d’entre eux. De loin, la localité de Chorfa paraît comme une « oasis »… d’oliviers! L’oléiculture y est un atout non-négligeable, où les oléiculteurs produisent de grandes quantités d’huile d’olive et d’olives de table de très haute qualité gustative. Néanmoins, à l’instar du reste des communes de la wilaya de Bouira, l’oléiculture dans la municipalité de Chorfa demeure toujours « prisonnière » des archaïsmes et des procédés à l’ancienne, que ce soit dans la récolte, la presse ou le stockage des produits oléicole. Cette culture est restée presque dépendante, comme voilà il y a des siècles de l' »humeur » du ciel. Si la pluviométrie est bonne, alors cela implique une bonne récolte, si, par contre, la sécheresse s’installe alors la récolte -et encore, si récolte il y avait!-en pâtit sérieusement ! L’irrigation des oliviers, durant la période des grandes chaleurs, ne s’effectue, malheureusement, que dans quelques parcelles où les oléiculteurs nantis ont les moyens pour ce faire! Dans le reste des oliveraies, les oliviers périclitent en l’absence de l’eau pluviale et d’irrigation. Cependant, ce n’est pas seulement l’absence de l’eau qui menace les oliviers et la récolte, il y a aussi les insectes parasitaires, lesquels provoquent d’énormes dégâts sur les cultures. Parmi ces insectes ravageurs, il y a la fameuse mouche d’olive, de son nom scientifique le «Dacus Olea». Cette mouche donne, à chaque fois, du fil à retordre aux oléiculteurs, lesquels ne savent plus à quel saint se vouer pour « conjurer » leurs oliveraies de ces parasites impitoyables.

Qui arrêtera le Dacus ?

Lutter contre cette vermine n’est pas chose aisée, et ce, lorsque l’on sait que les produits phytosanitaires y afférents sont inaccessibles aux paysans, qui devraient asperger des centaines d’oliviers sur de larges surfaces, ce qui est pratiquement impossible à réaliser pour des particuliers! Il en résulte, ainsi, cette résignation de la part des propriétaires des oliveraies, lesquels « laissent » faire le Dacus olea, qui pond « impunément » des œufs à l’intérieur des olives à partir du mois de juin. Les œufs finissent par éclore, et les larves, se trouvant dans la pulpe de l’olive, s’en donnent à cœur joie en infestant les olives, qui tombent prématurément vers les mois de septembre et octobre. Et le paysan n’a qu’à constater, avec impuissance, les dégâts! Les trucs de grands-mères, les rubans à colle et les bouts de bouteilles, que l’on pend aux branches pour «piéger» la mouche d’olive, s’avèrent inefficaces devant le déferlement du Dacus ou de la mouche d’olive. Néanmoins, il nous a été donné de constater dans une exploitation agricole, EAC, située au chef-lieu de Chorfa, la présence dans plusieurs oliviers de larves de cet insecte, qui dévorent les olives, en y creusant de minuscules trous et galeries, lesquels deviennent noirs. Ce n’est, certes, pas encore la côte d’alerte, mais cette larve commence déjà à infester les oliviers de cette exploitation. En ce qui concerne la fructification, celle-ci diffère d’un olivier à un autre, même s’il est encore prématuré de parler de bonne ou de mauvaise récolte, il n’en demeure pas moins qu’il y ait beaucoup d’oliviers qui ploient sous le poids d’olives charnues! Gageons, au moins, que la Dacus ne parviendra pas à envahir toutes les récoltes, comme cela a été le cas avec la désastreuse campagne oléicole de 2013/2014, où les larves ont infesté plus de la moitié des récoltes dans toute les oliveraies de la vallée du Sahel!

Y. Samir