Aïn El Hammam au grand dam de la population locale – La fontaine de la ville à sec

Construite il y a une dizaine années pour canaliser l’eau de la source qui avait jailli suite à un terrassement, la fontaine du centre-ville, située à quelques mètres de la mosquée, est à sec sans que personne n’en connaisse la cause exacte. Pourtant, nous dit un riverain, «ce n’est pas faute d’eau» que les robinets sont à sec. La source, localisée à une vingtaine de mètres plus haut, «n’est pas tarie. Aux services concernés de chercher les raisons de cette situation et d’y remédier», rajoutera-t-il. Lors de sa construction en dur, faut-il le préciser, la fontaine était dotée de beaux robinets fixés de part et d’autre, d’une borne en fonte ancrée en son milieu. Un réservoir, disposé sur le toit, permet d’avoir un débit constant sortant des robinets poussoirs, devant éviter tout gaspillage du précieux liquide. La qualité de l’eau a vite fait de fidéliser de nombreux habitants qui en ont fait leur boisson favorite. Des chaînes de riverains et même de villageois qui viennent remplir leurs jerricans se formaient quotidiennement à longueur d’année sans que le débit ne soit réduit, pour autant. Toutes ces dépenses n’ont finalement abouti qu’à encombrer le trottoir, avec cette construction qui demeure encore debout, sans autre fonction que celle d’un lugubre réceptacle de toute sorte de détritus. Les feuilles mortes emportées par le vent s’y accumulent comme dans n’importe quel autre recoin. Si, pour justifier cette sécheresse subite de la source, certains parlent d’un mouvement de terrain, d’autres affirment que son eau a été détournée, en amont. La responsabilité des services des eaux (Hydraulique, ADE) qui doivent rétablir l’eau dans cette fontaine est engagée. L’histoire des sources qui disparaissent n’est pas nouvelle à Aïn El Hammam. Les anciens se souviennent avec amertume de la destruction de l’ancienne source appelée «la transat», un monument historique, symbole du vieux Michelet. Son eau, canalisée sommairement, coule sauvagement le long des fossés, en contrebas de la mairie. Cette année, par un heureux hasard, la nature semble reprendre ses droits pour ressusciter cette fontaine, à gueuloir tête de lion, puisque son précieux liquide, tant prisé des habitants, a réapparu et coule sans interruption depuis l’hiver dernier. Les anciens de la région en parlent avec un secret espoir de voir les services concernés réhabiliter «la transat».

A. O. T.