Dans le cadre du programme de mise en valeur initié durant l’année 2002 et consistant en la plantation d’arbres fruitiers, la Conservation des forêts de la wilaya de Tizi Ouzou avait confié les travaux à un entrepreneur privé. Celui-ci devait mettre en terre des oliviers, des pommiers et autres figuiers dans les terrains des fellahs bénéficiaires de l’opération. Le travail étant ardu et demandant beaucoup de moyens, l’entrepreneur en question avait trouvé un terrain d’entente avec le maître d’œuvre. Les deux partenaires se sont donc entendus pour que les fellahs plantent eux-mêmes les arbres qui leur étaient destinés moyennant dédommagement. Ainsi, en plus des engrais et des arbres fournis gratuitement, les agriculteurs devaient recevoir 50 dinars par potée creusée, la mise en terre des plants et l’épandage d’engrais. Une aubaine pour ces pauvres montagnards qui n’en espéraient pas tant. Ils ne pouvaient rater l’occasion de se faire un peu d’argent, tout en repeuplant leurs champs clairsemés. Ceci concernant la théorie car en pratique rien ne s’est passé comme prévu. Si les fellahs se sont acquittés de la partie du travail qui leur incombait, ceux qui auraient dû les indemniser ne semblent pas pressés de s’acquitter de leur devoir, à savoir régulariser qui de droit. Aux agriculteurs qui se sont manifestés après la campagne, pour demander leur argent, l’entrepreneur avait affirmé qu’il n’était pas encore payé lui-même et qu’ils devaient patienter, le temps que son compte soit approvisionné. Cependant, depuis que l’opération est terminée, l’entrepreneur comme les services de l’Etat ne se sont inquiétés point de la suite du problème. Voilà maintenant quatre ans que les agriculteurs d’Aïn El Hammam attendent leur dû. Il est bon de signaler que quelques personnes ont été indemnisées, l’an dernier, mais la majorité ne sait même pas à qui s’adresser. « Nous n’avons rien demandé. Mais puisque l’opération est initiée par l’Etat et que le budget est débloqué, il n’y a aucune raison pour que les autres se sucrent sur notre dos », affirme un vieux, qui ne croit plus être indemnisé de la cinquantaine d’arbres qu’il a plantés. Par ailleurs, il serait intéressant que les services des forêts fassent une enquête pour suivre l’opération. Il serait étonnés de se rendre compte qu’un faible pourcentage seulement des arbres plantés ont réussi à se développer. Les raisons ? Aux services concernés de les chercher. Les efforts consentis par l’Etat en direction de l’agriculture de montagne doit se traduire dans les faits, sur le terrain. Les statistiques doivent faire ressortir le nombre de plants qui ont poussé convenablement et non les sommes colossales allouées au projet.
Nacer Benzekri
