Béjaïa Journée de formation médicale continue au campus d’Aboudaou – Le suicide en débat

Le service de psychiatrie du CHU de Béjaïa, en collaboration avec la faculté de médecine et l’association des médecins généralistes libéraux, a organisé, hier à l’auditorium du campus d’Aboudaou, une journée de formation médicale continue ayant pour thème « l’acte suicidaire : aspects cliniques, prise en charge et prévention ».

Pas moins d’une dizaine de communications ont été présentées par des spécialistes, professeurs et docteurs des CHU de Béjaïa et de Blida, entre autres. Pour la responsable du service organisateur, docteur Abassi, le levier de l’intervention est la diminution de la souffrance psychique, et le médecin généraliste est le pivot de la prise en charge du patient. Ainsi donc, durant son intervention sur la crise suicidaire, l’oratrice, tout en abordant la persistance des idées suicidaires, dira qu’il y a trois types d’orientation. Les structures ambulatoires, l’hospitalisation et la décompensation psychiatrique avérée. Son confrère, docteur Leulmi, du CHU Frantz Fanon de Blida, développera le thème relatif au suicide et la toxicomanie. Il a expliqué le lien entre la toxicomanie et le suicide en déclarant que l’autopsie psychologique révèle qu’un taux important de suicidés a des antécédents toxicomanes. D’ailleurs, ces derniers présentent le taux le plus élevé de mortalité par suicide. Pour l’orateur, l’association de l’addiction aux troubles psychiatriques est souvent à l’origine de beaucoup de cas de suicide. Il citera le cas clinique d’un patient soigné au CHU Frantz Fanon de Blida. Le médecin légiste, docteur Gani, du CHU de Béjaïa, posera deux problématiques, à savoir faire l’état des lieux et confirmer la thèse du suicide. Ce phénomène commun à toutes les sociétés, soulignera le légiste, qui remonte à très longtemps, a évolué avec le temps. Il fera part de solutions préventives existantes pour peu qu’une étude épidémiologique soit faite pour prévenir cela, car les sujets cherchent dans la mort la solution à la vie, conclura-t-il. Il donnera quelques chiffres faisant ressortir un taux de 17,86 pour 100 000 habitants de tendance au suicide avec une part plus importante d’hommes que de femmes. Pour ce dernier, un tiers de suicidés présentent des antécédents psychiatriques, selon une étude épidémiologique descriptive rétrospective faite pour la période de 2011 à 2013. À l’ouverture de la journée, docteur Boubezari avait abordé le volet psychiatrique de ce phénomène et avait donné un aperçu à travers des tableaux récapitulatifs. L’approche cognitive du suicide, le suicide et trouble de la personnalité le suicide en milieu du travail et les recommandations de l’OMS, la tentative de suicide chez l’enfant, la pendaison : les aspects biomécaniques et anatomopathologiques des lésions du rachis cervical supérieur sont d’autres thèmes développés durant cette journée. «Nous avons remarqué un taux important de suicides ces derniers temps et avons enregistré des récidives qu’on aurait pu éviter. C’est l’une des raisons qui nous ont poussés à organiser cette journée dans le but de sensibiliser tout le monde au phénomène du suicide», dira docteur Abassi, chef du service psychiatrie au CHU de Béjaïa que nous avons sollicité en marge des activités de la journée. Cet événement a été ouvert par le professeur Saidani, recteur de l’université en présence du professeur Danoun, directeur général du CHU, du professeur Tliba, doyen de la faculté de médecine et du docteur Hadjout, président de l’association des médecins généralistes libéraux de Béjaïa.

A. Gana