6 500 héctares à emblaver

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La campagne labours-semailles 2015/2016 a été lancée le premier de ce mois dans la wilaya de Béjaïa, et les agriculteurs n’ont pas encore entamé les labours, attendant les première pluies qui tardent à arriver.

«J’ai tout mis en œuvre pour lancer la campagne labours-semailles. J’ai vérifié le matériel nécessaire, comme le tracteur, les charrues pour entamer les travaux dans de bonnes conditions. J’attends les premières pluies pour démarrer, mais lesquelles, malheureusement, tardent à arriver», dira un fellah. De leur côté les pouvoirs publics ont tout mis en œuvre pour la réussite de cette campagne du fait que le développement agricole est devenu impératif pour booster l’économie nationale. À ce titre, le guichet unique composé de l’UCA, organisme habileté à fournir les intrants (semences, engrais et désherbants), de la CRMA, chargée d’assurer les récoltes contre les calamités naturelles, et la BADR, organisme chargé du financement de l’agriculture, a été ouvert depuis le 20 août écoulé. Il se trouve dans les locaux de la direction régionale de l’UCA de Béjaïa. Ce guichet unique a un rôle majeur à jouer auprès des céréaliculteurs. Il répondra à leurs attentes en leur facilitant les démarches liées à l’obtention du crédit R’FIG, les contrats d’assurances usuels et les facteurs de production. Une commission technique chargée de suivre la campagne labours-semailles a été installée. Cette commission a tenu, le 6 de ce mois, une réunion de coordination avec l’ensemble des intervenants dans la filière. Une réunion qui a eu lieu au siège de la direction des services agricoles de Béjaïa. Nous avons consulté le président de l’association des céréaliculteurs de la wilaya de Béjaïa qui nous donnera plus de précisions. «On a tenu une réunion avec l’ensemble des acteurs liés à la céréaliculture, dans l’optique de cerner tous les problèmes afin d’aller vers des solutions fiables», a-t-il informé. Le premier problème qui a été soulevé a été selon lui, les perturbations atmosphériques et climatiques qui affectent beaucoup les cultures céréalières. «Les insuffisances de pluviométrie sont à l’origine du stress hydrique qui gagne les céréales, d’où une baisse sensible des rendements. Il y a bien des solutions pour y remédier. Nous avons plusieurs fois demandé l’utilisation de l’eau du barrage de Tichy Haf pour l’irrigation, et ce, afin de faire face au manque d’eau en hiver qui est le souci majeur des céréaliculteurs. Pour une bonne rationalisation de ce précieux liquide qu’utilisent aussi les humains, il y a lieu d’appliquer les techniques modernes d’irrigation qui sont le goutte-à-goutte, indispensables pour économiser l’eau en évitant des déperditions inutiles. Ce procédé d’irrigation aura des bienfaits qui ne seront pas des moindres. Il engendrera un accroissement des rendements et incitera à l’extension des superficies à emblaver, et c’est notre économie nationale qui va se relever», renchérit notre interlocuteur qui enchaîna dans le même ordre d’idées : «Peu d’agriculteurs ont commencé à retourner la terre. Mais la grande majorité attend les pluies qui tardent à tomber et causent des retards dans la préparation du sol. Autrement dit, l’UCA a déjà constitué les stocks nécessaires en semences, engrais et désherbants». La superficie à emblaver en céréales cette année a été aussi dévoilée par notre interlocuteur. «Cette année, nous avons fait des prévisions sur la surface à emblaver qui sera de l’ordre de 6 500 ha composés de blés tendre et dur et de l’orge. Aucune fellah n’a fait la demande pour les légumes secs», a-t-il souligné. Les pouvoirs publics, en mettant les moyens qu’il faut pour la filière céréaliculture, visent à atteindre une autosuffisance en production céréalière tant recherchée depuis des années.

L. Beddar

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