Draâ El-Mizan lieu-dit " Secousse" à Ichoukrène – Décor désolant

Même si les services de l’état ( cantonniers de la subdivision des travaux publics, agents communaux), les associations et les comités de villages ne ménagent aucun effort pour lutter contre les comportements des uns et des autres qui, avec leurs gestes irresponsables enlaidissent les abords des routes nationales, des chemins de wilaya et des chemins communaux en jetant leurs canettes de bière ou encore les bouteilles en plastique et bien sûr, aussi, des détritus de tous genres, la situation s’empire de jour en jour. L’exemple nous vient cette fois-ci d’Ichoukrène, un village du versant Nord du chef-lieu communal, où des citoyens sont vraiment touchés de ce qui se passe au lieu-dit  » Secousse ». «Nous ne savons plus comment faire avec ces personnes qui ne respectent rien. Nous avons dernièrement nettoyé le lieu en ramassant deux bennes d’un camion. Il a fallu louer ce moyen pour les transporter jusqu’à la décharge publique. Nous étions contents d’avoir bien fait et d’avoir nettoyé le lieu. Quelques jours après, nous avons remarqué que d’autres canettes y sont jetées», nous dira cet émigré en la personne de Mohamed Belgaid, venu d’Allemagne avec un pincement au cœur, en nous donnant des exemples pris au pays d’Angela Merkel. «Vraiment, j’avais eu des contacts avec une association qui ferait un jumelage avec notre village, mais, eu égard à tout ce que j’ai vécu ces jours de congé au village, je ne suis pas chaud pour cette idée. Je ne sais pas comment faire déplacer des Allemands pour leur faire découvrir ces saletés. Cela m’offusque», ajoutera notre interlocuteur qui ne se lasse pas tout de même de garder un peu d’optimisme. «Il faudrait que mes concitoyens donnent une grande importance à cet environnement. C’est leur milieu naturel. Quand celui-ci souffre, nous encourons tous les risques», notera cet émigré jaloux, de ce qui se fait là-bas. «Même si mon épouse, une Allemande, reconnaît que notre pays recèle des paysages magnifiques, elle ne cesse de me dire que c’est encore sale», regrettera Mohamed Belgaid. Dans ce versant Sud de la commune, la création de l’association « Clean Sanana », un village voisin de celui en question, tente de lutter justement contre ce phénomène qui prend de l’ampleur. Ses actions de nettoyage se poursuivent. D’ailleurs, elle a organisé pas moins de trois opérations sur cet axe routier qui traverse les villages Sanana-Ichoukrène. À quand une prise de conscience dans ces villages de Kabylie pourtant connus pour leur organisation ancestrale  » Tadjmayith » depuis des siècles ?

A. O.