Le village Chokrane, sis à quelques kilomètres de la commune de Chorfa à l’Est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, accuse un énorme retard dans le développement et les habitants ne savent à quel organisme se plaindre.
En effet, cela fait des années que le village de Chokrane n’a bénéficié d’aucun programme de développement d’une grande envergure. Les carences se multiplient et presque dans tous les domaines. À commencer par l’éclairage public qui fait défaut dans les artères les plus fréquentées, tel que le chemin qui mène à la seule mosquée du village. Cette situation pénalise les villageois l’hiver comme l’été particulièrement les personnes âgées qui empruntent ledit chemin. Ils sont nombreux à utiliser des torches pour du moins avoir une bonne visibilité. Il est également à noter que le village de Chokrane ne dispose pas aussi d’une couverture médicale adéquate qui répond aux besoins de tous les habitants. La seule salle de soin qui existe fonctionne avec un staff médical réduit. Les routes, aussi, sont en majeure partie non bitumées et les habitants se trouvent obligés de mettre des bottes pour faire face à la boue qui envahit les voix d’accès. Les infrastructures de loisirs comme les aires de jeux, cybers café auberge de jeunesse sont inexistantes. La frange juvénile n’a d’autres espaces de détente que le carrefour communément appelé les quatre chemins pour jouer au foot en dépit du danger des véhicules qui circulent à longueur de journées ou bien jouer des parties interminables de domino. Pour se connecter, les jeunes font des trajets à pied pour rejoindre la ville de Tazmalt, là aussi le manque de transport public rend la vie des habitants des plus pénibles. Ils ne trouvent aucune solution que de marcher à pied vers Toghza pour ensuite rallier soit la ville de Tazmalt ou bien M’Chedallah. La souffrance vécue au quotidien par une autre catégorie sociale à savoir, les travailleurs des différents secteurs qui n’arrivent souvent pas à leur lieu de travail à temps. Les enfants scolarisés se trouvent eux aussi dans l’obligation de parcourir de longues distances pour arriver à leurs établissements respectifs en raison de l’inexistence du ramassage scolaire. Le transport scolaire demeure plus que nécessaire voire vitale pour les écoliers sachant pertinemment que l’hiver approche à grand pas. Il est également à signaler le problème majeur enduré par les habitants de Chokrane, celui de l’eau potable. En effet, le village étant non raccordé au réseau d’AEP. Si quelque habitants arrivent à se procurer cette denrée ô combien importante depuis des puits creusés il y a des décennies, ce n’est malheureusement pas le cas pour d’autres villageois. Ces derniers n’ont d’autres choix que de dépenser des sommes d’argent pour acquérir ce liquide vital. Dans une virée qui nous a conduit sur les lieux, force est de constater les multiples carences qui existent dans ce hameau. Les commodités pour mener une vie décente font défaut. Les avis et les témoignages des habitants que nous avons rencontrés sont partagés. Tous sont unanimes à dire que «leur village est dans un état chaotique, et sans une intervention des autorités locale, les choses vont certainement s’empirer». En approchant le jeune Snoussi qui réside à Alger et qui vient régulièrement passer son week-end dans son village natal de Chokrane, il nous parle des difficultés rencontrées au quotidien par les habitants : «nous vaudrions voir une amélioration réelle du vécu de l’ensemble des villageois, pas des promesses qui ne se concrétisent pas sur le terrain. Notre village est victime de l’oubli et de marginalisation de la part des pouvoirs publics, il faut que cela cesse. ». À noter enfin que les villageois de Chokrane ont à plusieurs reprises interpellé les autorités locales sur les conditions de vie qu’ils estiment déplorables, mais en vain.
A. K.

