Il a survécu grâce à la solidarité des citoyens – Un handicapé abandonné à Raffour

Un malheureux handicapé moteur et frappé de cécité de surcroit a été abandonné à Raffour depuis un mois et n’est resté en vie que grâce à la légendaire solidarité agissante des habitants de Raffour. Il s’agit du nommé Kebab Makhlouf, originaire d’Ath R’zine dans la wilaya de Béjaïa. Cet homme, âgé de 47 ans et à moitié atrophié est père de 06 enfants issus de trois mariages dont les membres de la famille se sont éparpillés et ce, après avoir été chassé par son père de la maison qu’il occupait après son retour de l’Ouest du pays. Région où il a fondu son dernier foyer, selon ses propres dires. Étant saint d’esprit et gardant toute la lucidité ce malheureux nous fera en début de cette semaine un bref et triste récit de sa vie mouvementé. C’est ainsi que nous apprenons qu’après rupture avec sa première épouse, il est allé s’installer en Tunisie où il épousa sa seconde femme, une tunisienne, avant d’être expulsé en 1998 pour séjour illégal. Il regagna sa région natale avec sa troisième femme en 2004. Malheureusement, il a été chassé de la maison paternelle, affirma t-il. C’est à partir de là que commença son errance en solitaire qui l’amena à la maison d’accueil des personnes âgées de Béjaïa qu’il quittera pour cause de maltraitance, selon ses propres aveux en présence d’une foule nombreuse de villageois qui compatit avec lui. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé depuis un mois à Raffour et trouvera refuge à la mosquée sur orientation des citoyens de cette localité où de nombreux bienfaiteurs l’installèrent dans le préau en lui offrant une literie complète et un fauteuil roulant et s’attellent à le nourrir depuis à tour de rôle et lui faire chaque matin sa toilette. Ses vêtements sont nettoyés par le propriétaire du pressing de la même ville, malheureusement, ce refuge est provisoire sachant que la loi ne lui permet pas de l’installer à l’intérieur de la mosquée ; d’où le recours au préau où il a été mis à l’abri de la pluie par des âmes charitables mais pas du froid qui commence à s’installer progressivement sachant que ce préau n’est qu’une devanture qui donne directement sur le trottoir du boulevard central livré aux quatre vents. Il ne survivra jamais dans de telles conditions jusqu’à la fin de l’hiver extrêmement rude dans cette région ponctuée de fréquentes chutes de neige mais surtout réputée pour les gelées et verglas à l’origine d’un climat glacial durant les 05 mois de la saison humide doublé d’un froid mordant. Faute d’une prise en charge urgente, ce malheureux mourra d’hypothermie. Un cas grave qui interpelle les consciences et qui doit faire réagir dans les meilleurs délais les organismes étatiques directement concernés.

O. S.