Dans la soirée d’avant-hier, 1er novembre, dans la grande salle du théâtre régional de Béjaïa, une troupe venue d’Italie a présenté une magnifique pièce intitulée Clan Macbeth. Elle est directement adaptée de la célèbre pièce du dramaturge anglais des seizième et dix-septième siècles, William Shakespeare. Néanmoins, les Italiens ont pris la liberté de la retravailler et de la simplifier pour ne pas devoir engager un nombre trop important de comédiens. Ils ont donc joué la pièce à trois : Macbeth lui-même, sa femme Lady Macbeth et un Jocker qui campait une sorcière, représentant le mal et l’obscurité.
C’est une histoire écrite par Shakespeare au début du dix-septième siècle. Elle fait directement référence à un roi d’Ecosse du 11e siècle. Macbeth aspire au pouvoir, lui qui a montré des capacités extraordinaires en tant que général de l’armée écossaise. Sa femme, Lady Macbeth, le pousse à prendre le pouvoir. Dévorée par l’ambition, celle-ci sombre petit à petit dans la folie et finit par se suicider. C’est en effet dans le registre de la tragédie qu’il faut classer cette pièce. Cette version moderne a été mise en scène par Danièle Scattina qui a aussi joué le rôle de Macbeth. Il était accompagné par la ravissante Marzia Tedeschi (Lady Macbeth) et Chiara Nicolanti. Elle a été entièrement jouée en italien, sur fond de musique classique, rock et d’opéra. Selon le metteur en scène, «cette pièce est une expérience très forte. C’est un travail que nous avons fait à trois. Nous avons essayé de présenter les personnages inspirés de Shakespeare en donnant une âme moderne». En s’appuyant sur les effets sonores et musicaux et en jouant sur la lumière, la pièce a rendu son contenu avec beaucoup de beauté et d’éclat, rehaussant ainsi la qualité du jeu et la présence très forte des acteurs sur les planches. Le public a encore une fois été très nombreux. Il a pu déguster une qualité théâtrale à l’italienne, alliant la gestuelles toujours très prononcée, aux paroles dites à une vitesse vertigineuse. La conférence de presse qui a suivi la représentation a permis de clarifier un certain nombre de concepts qui n’étaient pas évidents à saisir, notamment pour ceux qui ne connaissaient pas déjà l’histoire de Macbeth, et à cause à cause de la barrière linguistique. La soirée fut très belle et cette pièce est sans doute l’une des plus belles présentées jusque-là à cette septième édition du Festival International du Théâtre de Béjaïa.
N. S. Y.
