Après des appels incessants et des cris de détresse des habitants de la ville d’Amizour qui se lèvent contre la décharge communale polluante, voire asphyxiante, voilà que ceux du village Domaine Hocine Moustache, situé au pied de cette décharge à ciel ouvert, ont décidé hier, de passer à l’action pour fermer le CW21 jouxtant leur localité et reliant Amizour à El-Kseur, pour créer leur désarroi quant à la situation « invivable » engendrée par cette décharge. Une fumée couvrant, chaque jour que dieu fait, le ciel de cette ville pour toucher tous les quartiers et zones d’habitation, rendant l’air irrespirable, alors que des odeurs nauséabondes arrivent jusqu’à cet ancien village agricole et ses habitants disent qu’ils ne peuvent plus supporter. «Nous avons été voir le P/APC, mercredi passé mais ce dernier n’a pas accepter de nous recevoir, et c’est son adjoint qui nous a reçu sans pour autant nous réconforter. C’est pour cela que nous avons recouru aujourd’hui à la fermeture de la route malgré nous, car cette décharge nous a vraiment rendu la vie infernale», dira un des mécontents. Mais la goutte qui a fait déborder le vase est le déversement des déchets industriels d’une grande usine de la ville de Béjaïa au niveau de cette décharge, avec la permission des responsables de la commune. «Nous avons toujours demandé la délocalisation de cette décharge et voilà que des déchets nous viennent d’ailleurs en plus des usines avec la complicité de nos responsables, c’est vraiment inadmissible», ajoutera l’un des citoyens devant les autorités locales qui se sont dépêchés sur le lieu de la contestation. Et là devant la foule, un adjoint au maire avait reconnu qu’une grande usine de Béjaïa transporte ses déchets pour les déverser au niveau de cette décharge à ciel ouvert, pour rassurer par la suite que les services de l’APC mettront fin à cela. À en croire certains dires, l’usine est autorisée à amener ses déchets jusque là avec contrepartie. «De l’argent sale qui pue à distance», clama un citoyen d’un autre quartier venu soutenir les contestataires, car il dira que le problème intéresse toute la population de la commune. Pour les autorités locales, il est urgent de rouvrir la route et de passer à la table des négociations, car le problème est épineux et demande du temps pour trouver une solution définitive mais néanmoins, mettre fin à la combustion pour éviter des désagréables vécus par les habitants de toute la ville», avait estimé le chef de daïra d’Amizour. Et du coup, les protestataires ont accepté de constituer une délégation pour d’éventuels pourparlers, à l’effet de trouver un terrain d’entente. Pour rappel, le P/APC de cette commune a, dans un passé récent, fait une déclaration qu’il n’y aura plus de combustion, cela comme première mesure d’urgence, pour aller vers un projet d’implantation d’un CET comme issue définitive. Mais cela n’a pas été le cas depuis, puisque l’on a souvent constaté la fumée émanant de cet endroit, pire que ça, l’on a autorisé même des déchets venus d’ailleurs. Actuellement, les pourparlers continuent entre les deux parties et il est impératif qu’une solution à cela soit dégagée, car il y va de la santé puisque d’ores et déjà l’on annonce que le nombre de crises des asthmatiques de la ville s’est accentué alors que les maladies allergiques et respiratoires sont en exponentielle, selon une source médicale spécialisée.
Nadir Touati
