La feuille de route tracée conjointement par le haut-commissariat à l’Amazighité et l’association nationale «Iqraa» portant sur l’intégration de tamazight dans le programme d’alphabétisation, a été effectivement, mise en application dans la wilaya de Bouira. En effet, suite à une réunion tenue la semaine dernière par les deux organismes au niveau de la maison de la culture Ali Zamoum de la ville de Bouira, les modalités de travail et d’inscriptions ont été alors dégagées, et le premier cours a été officiellement lancé avant-hier, et les quatorze inscrits issus d’horizons différents ont eu droit à une première leçon d’initiation dans la langue de Massinissa. Encadrés par une jeune licenciée en langue et culture amazighes, la formatrice a tracé en collaboration avec le HCA, un programme basé essentiellement sur les notions élémentaires de linguistique générale pour que, dans un premier temps, les inscrits auront la compétence de lire dans leur langue maternelle et puis leur permettre à court et moyen terme de passer à la phase de la production. Il faut dire que ce nombre pourrait se multiplier dans un avenir proche car, l’information n’a pas encore atteint toutes les localités de la wilaya où tamazight a été de tous les temps réclamé à cor et à cri. Ce qui pourrait éventuellement régénérer l’atavisme de beaucoup d’adeptes de cette langue ancestrale et raviver en eux le sentiment de militantisme affiché durant les années de plomb où tamazight est frappée d’une interdiction d’usage. Il importe de rappeler que, juste après l’introduction de tamazight dans le système éducatif algérien en octobre 1995 et ce, après un boycott scolaire de huit longs mois, une dynamique inégalée de son enseignement avec le lancement des cours d’alphabétisation par les différentes associations culturelles de la wilaya a été enregistrée et un engouement sans précédent a été fortement remarqué. Néanmoins, avec le recul que vient de marquer le tissu associatif et la léthargie qui le frappe de plein fouet, la revendication identitaire a connu une sorte de relâchement et faut-il encore le reconnaitre, ce sont les enseignants de cette langue qui se sont retrouvés seuls à poursuivre le combat pour la survie de cette langue qui ne cesse de buter sur des difficultés. Certes, le mouvement citoyen a, en dépit des satisfactions des uns et les désillusions des autres, contribué à hisser tamazight au rang de langue nationale en 2002. Et la demande de son officialisation reste toujours posée et aussi attendue en vue du prochain amendement de la constitution dont le projet est en phase de finalisation.
S. M
