Alors que l'enquête progresse et est même déjà parvenue à identifier la vocation de certains des kamikazes auteurs du drame, le bilan s'est alourdi et est porté à 129 morts (103 corps seulement identifiés) et 352 blessés dont 99 dans un état critique.
«Trois équipes de terroristes coordonnaient les attentats perpétrés à Paris». C’est la première révélation énoncée par le procureur de la république française qui intervenait au lendemain des fusillades et attentats à l’explosif qui ont ébranlé la capitale parisienne, à travers huit sites distincts, vendredi dernier. A peine quelques heures après le drame, l’enquête semble avoir sensiblement progressé grâce aux éléments trouvés sur place ou livrés par les restes des corps déchiquetés. Il y a déjà cette information qui rapporte que parmi les terroristes auteurs du carnage, trois seraient français dont deux ont résidé dans la région de Molenbeek en Belgique. Autre indication: Le passeport syrien, retrouvé juste après les explosions près des morceaux de chair du kamikaze qui s’est fait exploser près du stade de France où se jouait le match France – Allemagne, a contribué à faire remonter les enquêteurs assez rapidement jusqu’en Grèce où le document de voyage avait été enregistré par les autorités de l’île de Leros, le 3 octobre dernier. Le porteur du passeport était parmi un groupe de soixante-dix personnes qui débarquait sur l’île, sans doute s’est-il noyé dans la masse des migrants en quête d’atteindre l’Europe. Cela dit, le lien entre le propriétaire de ce passeport, né en 1990, et l’identité du kamikaze n’est pas formellement établi, précise-t-on. En ce qui concerne le kamikaze qui s’est fait exploser au Bataclan, et identifié grâce aux restes d’un doigt, il s’agit d’un des trois Français impliqués et qui répond au nom de Mostefaï Omar Ismaël né à Courcouronnes et âgé de 29 ans. Il est père d’une fille de cinq ans. Son casier judiciaire ne faisait état, indique-t-on, jusque-là que de délits mineurs du genre : outrage, conduite sans permis… C’est en 2010 qu’il sera fiché dans la catégorie S pour radicalisation. La dernière adresse qu’on lui connaissait en France est du côté de Chartres avant de déménager, il y a près de quatre ans, rapporte Le journal du centre français. Est-il allé s’installer en Belgique? Rien n’est confirmé pour l’heure, même si c’est là une hypothèse très probable. Mais les témoignages divergent sur ce qu’a été sa destination par la suite. Son frère aurait raconté qu’il serait rentré en Algérie d’où il tiendrait des origines parentales, pendant que des sources auxquelles a eu accès le journal Le Monde affirment qu’il aurait effectué un séjour en Syrie entre 2013 et 2014. Les enquêteurs seraient même tombés sur les traces d’un vol qu’il aurait effectué en partance pour la Turquie à cette période-là. Le domicile du frère en question a été perquisitionné hier, à Bondoufle (dans l’Essonne). Pour ce faire, un important dispositif sécuritaire a été mis en place aux alentours du quartier et la main sera vite mise sur lui. Il a été de suite placé en garde à vue comme l’est également son père. Les enquêteurs cherchent à établir peut-être une complicité dans l’entourage du kamikaze. Car des indices laissent supposer l’implication de trois frères dans ces macabres attentats. En tout, ils seraient sept proches du kamikaze à être interpellés par les services de sécurité depuis avant-hier. Sur un autre plan, les dernières informations parlent d’une voiture, une Seat noire, immatriculée en Belgique, utilisée pour les tueries rue de Charonne et rue de la Fontaine-au-roi qui a été retrouvée à Montreuil, avec à l’intérieur trois kalachnikovs. Ce qui laisse supposer l’existence d’au moins un huitième impliqué qui serait en fuite. Ce suspect aurait été repéré en Belgique à bord d’une Golf (c’est lui qui aurait loué les voitures qui ont servi la soirée des attentats). Les policiers belges auraient contrôlé l’identité de ses occupants avant de les laisser repartir, ces derniers n’ayant pas encore été signalés. Le frère de cet homme activement recherché aurait été interpellé samedi à Bruxelles. En fait, on parle de deux voitures louées en Belgique parmi les trois qui ont été utilisées pour les massacres, une Polo et la Seat. C’est dire que l’enquête a déjà dépassé les frontières et tend même à se concentrer du côté de Molenbeek (Belgique) d’où tout aurait été organisé. La municipalité a d’ailleurs la triste réputation de plaque tournante des réseaux djihadistes.
Djaffar Chilab.

