Avoir une bibliothèque dans sa ville est anodin, sous d’autres cieux et d’autres villes du pays. À Bouira, le chef-lieu de wilaya notamment, hormis la bibliothèque de la maison de la culture, qu’on peut définir comme on veut, sauf comme un espace de lecture, aucune structure digne de ce nom ne prend sérieusement en charge les mordus de la lecture. Avec l’ouverture de la bibliothèque principale, il y a quelques mois, les amoureux de la lecture se sont précipités pour s’inscrire et se permettre, de temps à autre, un moment d’évasion entre les livres. Sauf que la structure n’offre pas les prestations adéquates, essentiellement le calme que supposent avoir les lieux de lecture. En effet, cette bibliothèque qui, de prime abord, donne une bonne impression de l’extérieur, est loin d’être attractive. Une fois attablé pour sa pause de lecture, les bruits fusent de partout, tout les monde est là à discuter, à bavarder et tant pis pour ceux qui veulent lire dans le silence. La bibliothèque dispose de deux salles de lectures très spacieuses, et d’après les fonctionnaires, une est réservée pour les lecteurs en groupe et elle est ouverte pour les écoliers (lycée, CEM). Et une autre, au deuxième étage, est réservée pour la lecture individuelle, mais le problème qui se pose c’est que les deux salles sont ouvertes et communicantes, donc on entend le bruit qui vient de la salle du premier étage. Le deuxième problème est que les écoliers font de cet espace un espace de divertissement, ils montent et descendent à chaque fois que les fonctionnaires de la bibliothèque improvisés en surveillants, ont le dos tourné. Alors y a-t-il un espace de lecture à la ville de Bouira ? On discutant avec les fonctionnaires de cette bibliothèque pour comprendre pourquoi cette dernière ne fonctionne pas comme les autres d’ailleurs (de l’Algérie), ils répondent que les bouiris ne sont pas habitués à ce genre d’espace. Oui, mais on peut instaurer des traditions, ça peut se faire de manière progressive. À la question de savoir s’il existe des espaces réservés uniquement pour les étudiants ou chercheurs, nos interlocuteurs semblaient limite indignés. Pourtant espace réservé ne veut pas dire privation des autres franges de la société de la lecture. En fait, le problème se pose en termes de gestion et de discipline, d’autant plus que cette bibliothèque est spacieuse et offre toutes les commodités pour parvenir à un meilleur rendement. En l’état actuel des choses, aucune tradition de lecture ne s’installera dans la bibliothèque de Bouira. Cela étant dit, il y a lieu de souligner un aspect positif : la salle de lecture pour les petits bambins est un bonheur, c’est un espace clos, très beau et offre tout les plaisirs de la lecture. Espérons que ces petits enfants qui fréquentent cet espace deviendront des lecteurs qui respecteraient les lieux.
BDB
