«Nous insistons impérativement sur la collaboration effective et efficace entre les pharmaciens et les médecins traitants pour prémunir particulièrement les malades contre les effets secondaires additifs des médicaments». C’est lune des principales phrases prononcées, hier samedi, par le président du bureau départemental de la SNAPO à la salle de conférences de l’INPED de Boumerdès. Le responsable du syndicat algérien des pharmaciens d’officines, M. Tahar Yahi, notera que leur instance agit pour une meilleure sécurité du patient. «Mais elle est cependant confrontée, à l’heure actuelle, au système du tiers payant, puisque nos officines perdent beaucoup de temps face aux clients souffrant de plusieurs maladies chroniques, au lieu de s’occuper de l’analyse des ordonnances pour leur propre intérêt», tiendra-t-il à préciser. «Chaque pharmacien doit consulter son logiciel des sites contenant des explications sur les contre-indications médicamenteuses et leurs méfaits», ajoutera le président de la SNAPO au niveau de la wilaya. Cette principale problématique a été analysée et débattue, lors de la deuxième journée scientifique d’hier, où l’on insistait sur le rôle du pharmacien en matière de protection et de promotion de la santé. Ayant animé la première conférence portant sur les interactions médicamenteuses, le président de la fédération algérienne des pharmaciens, M. Abdelatif Keddad, notera que «pas moins de 270 patients sur un échantillon d’un millier, soit un taux de 27%, étudié récemment, souffrent d’effets indésirables de médicaments prescrits». Il a été signalé de surcroît, que pas moins de 50% des hospitalisés à Oran, durant cette dernière décennie, sont des patients poly- médicamentés, voire ceux soumis à divers traitements médicamenteux, sans étude au préalable sur les risques de leurs interactions néfastes. En France, a-t-on ajouté 400 décès ont été comptabilisés sur 17 000 hospitalisés pour des effets secondaires de médicaments, selon une autre étude récente. Abordant juste après le thème de la prise en charge de la femme enceinte et allaitante, M. Tahar Derouiche, maître assistant en pharmacologie à l’université de Constantine, conseillera aux pharmaciens d’officines de redoubler de vigilance, quant aux médicaments à vendre aux femmes, notamment durant leurs premier et troisième trimestre de leur grossesse. En revanche, la prise de médicaments n’a pas relativement d’impact négatif sur la parturiente au deuxième trimestre, dira-t-il encore, avant d’expliquer, à titre d’exemple, que le dosage d’aspirine ne doit absolument pas dépasser les 500mg.
«Pas d’excès de prudence ni d’inattention face à la patientèle», recommandera ce maître assistant, en relevant aussi bien les retombées de l’hésitation que de celles de la précipitation à livrer les poly-médicaments aux malades. Devant les ordonnances suspectes, entre autres celles illisibles, en cette période où la prescription médicale n’est pas encore informatisée, le pharmacien d’officine doit impérativement prendre attache avec les médecins traitants concernés, préconisera-t-il. Comme nouvelles perspectives pour la pharmacie, un autre maître assistant au CHU de Tlemcen, Med Nabil Borsali, citera la formation des aides-pharmaciens, aux écoles paramédicales, réintroduites ces dernières années par le ministère de tutelle.
Lors du débat, l’assistance a insisté sur la responsabilité du pharmacien. Et l’un des intervenants a tenu, alors, à rappeler ces recommandations d’un grand pharmacologue suisse : «Si le pharmacien est devant une ordonnance de trois médicaments, il doit se méfier, et devant celle de cinq médicaments, il est doit appeler le conseil de l’ordre, mais face à celle de sept médicaments, il est dans l’obligation de s’en remettre au procureur général». «La mise en pratique d’une telle maxime, notamment dans les pays anglo-saxons, aura permis de préserver la vie des patients et de développer leur économie», a conclu un autre intervenant, en donnant l’exemple des Etats-Unis, où un dollar de dépensé dans la prévention contre les interactions médicamenteuses leur fait gagner pas moins de 600 dollars.
Salim Haddou
