Un homme célibataire, âgé de 49 ans, est handicapé à 100%, et il souffre de plusieurs maladies : spondylarthrite, colon, anémie, gastrite, cécité Eczémas et insuffisance rénale. Il vit chez ses parents au village de sidi Ali Moussa, relevant de la commune de Souk el-Tenine au Sud du chef-lieu de wilaya de Tizi-Ouzou, dans des conditions misérables. M. Kadouche Mohamed Amokrane que nous avons visité chez lui, vit dans une situation cauchemardesque pour un handicapé à commencer par la piste, longue de moins de 200 mètres, qui mène à son habitation qui se trouve dans un état lamentable et impraticable même pour des hommes en bonne santé. «J’ai fait des pieds et des mains pour que l’APC réhabilite ce sentier, mais en vain. Dernièrement, le maire m’a demandé un acte de propriété de cet axe routier pour pouvoir intervenir. Mais cet axe routier appartient à tous les villageois, je ne peux pas prétendre à un acte de propriété c’est une manière de me liquider, c’est aussi du mépris envers un handicapé désarmé». Concernant, sa santé qui se détériore à vu d’œil, M. Kadouche indiquera : «j’ai sillonné tous les hôpitaux algériens pour me soigner, pendant de nombreuses années, en vain. Lorsqu’une porte m’a enfin été ouverte à l’hôpital d’Hussein dey (ex parney), les médecins ont découvert mon anémie et par conséquent ils n’ont pas pu pratiquer l’intervention qui me redonnera la vue. Comme un malheur ne vient jamais seul, je suis encore atteint d’insuffisance rénale. Je lance un appel à toutes les âmes charitables de me venir en aide». M. Kadouche demandera : «Pour que je puisse me soigner correctement, j’ai sollicité toutes les autorités compétentes (APC, daïra, wilaya et APW de Tizi-Ouzou, le ministère de la Solidarité nationale et le Premier ministre) en vue de m’accorder un logement social en ville mais à ce jour toutes les portes restent fermées. À partir de mon village, il me faut des financements importants pour louer à chaque fois les services d’un taxi alors que la pension d’handicapé que je perçois n’est que de 4 000 DA/mensuel». Signalons qu’en guise de séance de rééducation pour ses genoux qui sont onéreux, Mohamed Amokrane a recours à monter plusieurs marches d’escaliers pour aboutir à sa vieille chambre sise en amont de l’habitation de ses parents. «Monter les marches fait du bien à mes genoux», dira-t-il avec plein d’amertume. Aujourd’hui, cet handicapé vit cloitré chez lui sans soins. Sa santé se dégrade rapidement. Les autorités compétentes sont invitées à lui venir en aide pour éviter le pire. À l’aube de la journée mondiale des handicapés qui coïncidera avec le 3 décembre prochain, les responsables du secteur et les bien faiteurs sont invités à faire un geste salvateur à son égard pour qu’il puisse améliorer son cadre de vie et surtout se soigner. À Souk El-Tenine, l’association Thafath des handicapés s’affaire à concocter un programme pour célébrer cette journée à coup de festivités, de gâteaux de diplômes où les officiels ne manqueront pas se rendez-vous mais suffit-il de souhaiter bonne fête à cette frange vulnérable et puis les oublier le reste de l’année ? Assurément non. Les handicapés veulent de l’action, ils veulent bénéficier de leur droit à l’emploi, à une prise en charge médicale, à l’aménagement des accès et au logement.
Hocine T.
