Jadis, du temps où les robinets et les réseaux d’AEP n’avaient même pas effleuré l’imaginaire des populations locales, les sources étaient les seuls points d’eau d’où les consommateurs puisaient leur eau. En kabylie, ces points d’eau y sont légion, et constituaient des lieux de rencontres des femmes du village qui discutaient de tout et de rien. Une sorte de soupapes et d’échappatoires pour elles, afin de sortir de la maison. Non, la femme kabyle n’était pas malheureuse, elle avait ses espaces que même les hommes n’avaient pas le droit d’y pénétrer. Et le contraire est aussi valable. Bon, ce n’est pas le sujet de notre papier, mais notre objectif c’est de retracer un peu le rôle des sources et leur importance autrefois. Le cas que nous évoquons dans ces quelques lignes concerne la source de Varghouth, située au village d’Ath Yakhlef, dans la commune de M’Chedallah. Cette source constituait la fierté des habitants de ce village, d’où ils puisaient, chaque jour, l’eau potable pour les différents besoins. » Elle avait un fort débit et la qualité de son eau était irréprochable! », témoigne un habitant du village d’Ath Yakhlef. Dans un passé lointain, ce fut avec les cruches et les outres que les femmes s’approvisionnaient en eau, et ce, du temps où la source était l’un de leurs « temples ». Après quelques changements des mœurs, ce fut les habitants qui puisaient l’eau de cette source avec les jerricans en plastique. Mais avec l’avènement des réseaux de l’AEP et le fameux robinet, la source de Varghouth perdait, peu à peu, ses « adeptes », jusqu’à tomber complètement en désuétude, et devenir carrément inutilisée ces dernières années. Même si l’eau y existe toujours, il n’en demeure pas moins que ce fameux L3insar n Varghouth est complètement délaissé. « On a parlé de la réhabilitation de cette source, il y a quelques années, mais force est de constater que cela n’a pas été suivi d’actes concrets sur le terrain », regrette encore notre interlocuteur. Beaucoup de villageois aimeraient voir la source de Varghouth renaître de ses cendres pour, pourquoi pas, servir encore en cas de pénurie d’eau sur le réseau de l’AEP.
Y. S.
