El Adjiba Le village souffre de plusieurs autres manques – Azaknoun sans eau… depuis une année !

Azaknoun est une importante localité relevant administrativement de la commune d’El Adjiba, et comptant environ 2 500 habitants répartis sur 300 foyers.

La majorité de ces habitants sont originaires du village Ath Illiten, de la commune de Saharidj. Cette bourgade située à 05kms à l’Est du chef-lieu de commune, se plaint de nombreux manques en moyens d’accompagnement et de développement les plus sensibles, à commencer par une rupture totale de l’alimentation en eau potable depuis une année, selon un groupe de citoyens de ce village qui nous ont approchés jeudi dernier. Ces interlocuteurs affirment qu’ils sont contraints de faire recours à la location de citernes tractées chez des privées à raison de mille dinars les 1 500 L. Selon toujours nos interlocuteurs, l’APC tourne le dos à cette contrainte majeure ; ils expliquent que le recours à l’achat de l’eau est dû au fait que la nappe phréatique de cette région se situe au dessous d’un gisement de sel ; d’où l’impureté de l’eau salée des forages qui ne peut même pas servir à l’agriculture. La seconde contrainte soulevée par les sages de cette importante agglomération est celle du gaz naturel dont le projet est à moitié réalisé. L’ouvrage était confié à deux entreprises : la première a mené les travaux à terme, mais la seconde a malheureusement plié bagages depuis le mois de juillet, selon toujours ces villageois. Par conséquent, seule la moitié du village a bénéficié de cette commodité mise en service depuis un mois. Le reste des foyers passeront cet hiver encore en recourant au gaz butane, une denrée pas très disponible dans ce village qui ne dispose pas d’un dépôt de gaz. Concernant la voirie, nos interlocuteurs affirment qu’hormis la route principale qui les relie à la RN5, laquelle avait bénéficié d’une opération de revêtement en bitume, le reste des allées à l’intérieur du village sont toujours à l’état de pistes boueuses en hiver et poussiéreuses en été après que l’érosion ne balaie la mince couche du tout-venant de l’oued depuis plusieurs années. Le manque suivant évoqué est celui d’une unité de soins. Malgré la forte concentration démographique, les citoyens doivent se rendre soit à Bechloul ou El Adjiba, distante de 05 kms, pour une simple injection, un changement de pansement ou un contrôle de la tension artérielle ou la glycémie pour les diabètes et les malades chroniques. Concernant le volet communication, Azaknoun est coupé du reste du monde n’étant relié ni au réseau téléphonique ni encore moins à celui de l’internet. Notons enfin pour conclure que ce village a été rapidement peuplé dans les années 1990 suite à un exode rural massif des citoyens d’Ath Illiten, qui ont fui leur village à cause du terrorisme et de l’insécurité qui y régnait. Les citoyens se sont éparpillés pour s’installer en trois endroits sécurisés qui sont Azaknoun, Hagui et M’Laoua, relevant tous les trois de la commune d’El Adjiba. Des régions à vocation agricole qu’ont permis à ces réfugiés, qui possèdent des terrains en ces lieux, d’échapper à la misère en s’attelant au travail de la terre, en particulier dans les filières des maraichères, l’apiculture, l’aviculture, l’élevage ovin et bovin et à moindre degré la céréaliculture. Il est utile de souligner que ces trois agglomérations vivent les mêmes contraintes en matière de moyens d’accompagnement et de développement. Des contraintes qui sont les conséquences directes du terrorisme et de l’insécurité à l’origine d’un déplacement massif des populations notamment celles des villages de haute montagne. Les citoyens de ces villages vivent dans les mêmes conditions que ceux de réfugiés, bien qu’ils s’étaient, pour la plupart, installés sur leurs terres en habitations groupées, ce qui facilite la tâche de leur prise en charge sur le volet développement, sachant que leurs villages d’origine tels qu’Ath Illiten et Islan sont abandonnés et les moyens d’accompagnement y existant sont délabrés, ceci faute d’entretien aggravé par les agressions climatiques. Le fait relaté doit être donc pris en considération par les autorités, pour réduire les retombées négatives de ces manques à gagner sur le volet développement et commodités de plus indispensables.

Oulaid Soualah