Le village d’Izrarazen, relevant de la commune de Timizart, dans la daïra d’Ouaguenoun et qui désignait dans le temps toute la commune de Timizart, sous l’appellation douar (tribu) des Izarazen, fut choisi, pour la seconde fois, par l’équipe de tournage de la saison deux de la série «Yella deg awal», diffusée pour la première fois par TV Tamazight durant le mois de Ramadan de l’année en cours. Hocine Aït Guenissaid, l’un des acteurs principaux de la série, nous explique ce choix pour maintes raisons : «La collaboration amicale des habitants du village, les commodités et facilités sont offertes pour la bonne conduite du tournage. En su de cela, des sites magnifiques qui cadrent avec l’esprit de la série». «Yella deg awal» est une série basée sur les dictons et autres maximes kabyles. Les scénaristes, Noredine et Hamid Aït Slimane, tentent de créer des histoires (tantôt imaginaires tantôt puisées dans le patrimoine culturel de la Kabylie), qui mettent en exergue telle citation ou tel diction. «Le proverbe (inzi), ainsi énoncé dans un épisode, sert de rampe pour une extrapolation du sens de la maxime pour souligner sa portée psychologique, mystique, sociologique et identitaire à travers une sorte de chronique lue par le personnage énigmatique de la série le amusnaw», nous dira à ce propos Noredine, l’un des deux coscénaristes. Rida Amrani, le réalisateur de la série, quant à lui, nous dira : «Je suis très satisfait de travailler dans un tel décor et avec une telle population. J’espère que notre travail, que nous voulons profond et surtout valorisant de notre culture ancestrale, sera à la hauteur de l’attente de tous ces gens et qu’il va plaire à toutes ces personnes qui, bénévolement et spontanément, nous apportent leur soutiens et aide. C’est pour cela que je tiens au nom de toute l’équipe du tournage, composée des comédiens suivants : Nacer Mouhaouche, Hocine Aït Guenissaid, Djamila Bouanem, Toufik Kaoudji, Ahmed Slimani, Louiza Mehar et Safia, à les remercier du fond du cœur pour leur sympathie et disponibilité. Sans oublier de remercier les membres de l’association culturelle Youcef Ou Kaci qui, eux aussi, ont apporté leur aide précieuse». La série «Yella deg awal», dont une vingtaine d’épisodes sont déjà bouclés, tente aussi de cerner par ses divers thèmes le fondement culturel de la Kabylie, en valorisant la parole (awal) car comme nous le fera remarquer Hamid : «La base de notre culture, essentiellement jusqu’à une date récente, est le mot (awal). Le mode de pensée et de fonctionnement de notre société était consigné dans nos maximes, devinettes, contes et poésie. Exhumer ces vieux proverbe, leur redonner vie, c’est en quelque sorte restituer l’âme kabyle à l’aube de la modernité et mettre notre MOI face à un joli miroir, celui de son authenticité». Portant ce n’est pas hasard que le générique de la série commence par cette citation révélatrice de l’esprit de la production : «Si la culture est la matrice de l’identité ses fondations sont les proverbes de nos ancêtres. Ce travail se veut être un humble hommage pour eux. C’est grâce à leur lègue qu’on se reconnait parmi les autres peuples aujourd’hui».
A. S. Amazigh
