Béjaïa Issad Rebrab raconte son expérience, lors de la 1ère édition d’Algerian Leadership, organisée hier au campus d’Aboudaou – De Profilor à Cévital…

Qui d’autre qu’Issad Rebrab, en tant que leader de l’économie algérienne, pour animer une conférence dans le cadre de la première édition d’« Algerian Leadership » organisée, hier au campus d’Aboudaou, par l’université de Béjaïa, en collaboration avec le club scientifique d’hydraulique.

En effet, bien qu’il y avait, parmi les communicants, Farid Arab, expert en accompagnement de startup qui a développé un thème relatif à la création d’une startup, Thierry Dubourdieu, président de l’entreprise française «7 Seas» qui a présenté une conférence sur le domaine de l’hydraulique et Christine Nalies, fondatrice de Wording Conseil, qui a disserté autour de la communication et le développement durable, l’attention de l’assistance, fort nombreuse, a été captée par l’intervention du patron de Cevital qui a donné un aperçu sur l’économie de Cevital et ses perspectives de développement. Avant d’entamer son intervention, le PDG de Cevital donnera un seul conseil aux étudiants présents dans l’auditorium, en les incitants à avoir de l’ambition et de rêver pour pouvoir arriver à leurs buts. Puis, il narrera ses débuts en 1971, en tant qu’enseignant, chef comptable puis expert, avant d’accepter la proposition de l’un de ses clients d’acheter 20% des parts de sa société. Depuis, commencera l’ère Rebrab. De la période Profilor à celle de Cevital, en passant par celle de Métal Sider. Il dira que bien qu’en 1995, un acte terroriste avait détruit un des fleurons de l’industrie de Métal Sider, le groupe Cevital, créé en 1998, n’a pas arrêté de prospérer jusqu’à parvenir, aujourd’hui, à avoir la plus grande raffinerie de sucre au niveau mondial et la plus grande raffinerie d’huiles végétales au niveau africain et européen. Il parlera également de la diversification des activités du groupe en s’engageant dans la grande distribution, l’automobile, la promotion immobilière, l’électroménager et le transport maritime, entre autres. Jusqu’à 2013, enchaînera-t-il, la majeur partie des investissements était concentrée en Algérie et depuis, il a été décidé d’aller à l’international dans le but de créer un développement économique du pays. En reprenant Oxo France avec 280 employés, soulignera-t-il, nous avons créé Oxo Algérie en mettant sur le marché de l’emploi 3 000 postes de travail. Sa production en fenêtres double-vitrage sera destinée à 50% pour le pays et les 50 autres à l’exportation. De même pour Brandt France, dont seule la partie cuisson est restée en France alors que les autres activités ont été transférées en Algérie pour y créer de l’emploi. Dommage, dira-t-il, que Béjaïa ne possède pas d’assiette foncière pour l’installation de cette usine, ce qui a obligé le groupe à se tourner vers la wilaya de Sétif où le wali avait pu dégager une importante assiette de terrain. L’acquisition des actions du leader européen de la production de rails, la société Lucchini, fait partie également des objectifs tracés par le groupe Cevital qui voulait acquérir la technologie et en faire profiter l’Algérie. L’opportunité d’entrer à l’international n’a été possible que grâce à la crise vécue par l’Europe, fera savoir l’orateur. Le groupe Cevital est en négociation, informera son PDG, pour la reprise de startups pour investir dans le dessalement de l’eau de mer mais avec un nouveau système qui favorise l’utilisation de l’énergie solaire ou l’énergie fatale (perdue) au lieu de l’énergie électrique. D’ici mars prochain, dira-t-il, un prototype de cette unité sera installé à Béjaïa dans le but de produire dans l’immédiat 100 m3 par jour et 30. 000 m3 à long terme. Deux autres projets sont inscrits dans le calepin de Rebrab. Il s’agit de la production de pièces détachées automobiles à partir de la poudre d’acier au lieu du tournage fraisage actuel et la sécurité alimentaire. Pour le premier projet, les véhicules américains ont actuellement 20 kg de ces pièces dans leurs moteurs alors que ceux d’Europe en ont 9 kg. Pour le deuxième, prendre l’exemple des Amériques qui nourrissent le monde, pour produire dans l’agroalimentaire et exporter, par la même occasion, les fertilisants. En conclusion, il pointera du doigt ses détracteurs qui veulent multiplier les unités de production de sucre avec les moyens de l’état aux conséquences désastreuses pour le pays dans le cas d’une faillite, ce qui n’a jamais été le cas pour Cevital qui s’est développé avec ses propres moyens, en allant damer le pion aux grandes industries de ce monde. Ceci, conclura-t-il, n’a été possible que grâce aux talentueux cadres formés par l’université de Béjaïa. D’ailleurs, il réitérera l’engagement du groupe de recruter tous les majors de promotion de cette université. La rencontre d’hier à Aboudaou a été une réussite. Une journée d’information et de formation qui se veut un événement qui regroupe des success stories, des exemples types de leadership, des opérateurs économiques et surtout des porteurs de projets en vue de favoriser le dialogue et la communication de projets de startup et inspirer les étudiants à l’entreprenariat.

A. Gana