Alors que le tribunal de Larbaâ Nath Irathen a statué, la semaine dernière, dans l’affaire opposant le directeur de Leader Meuble à des travailleurs au sein de l’usine, qualifiant la grève de ces derniers «d’illégale», le responsable de l’unité invite les travailleurs à rejoindre leurs postes de travail en rappelant que le manque à gagner dépasse largement les 150 millions de dinars.
La grève des travailleurs de Leader Meuble de Taboukert, dans la localité de Tizi-Rached, vient de boucler son troisième mois et la situation au niveau de l’institution demeure tendue entre les deux parties. Une situation que la décision de justice, rendue par le tribunal de Larbaâ Nath Irathen, ne pourrait apaiser, puisqu’elle vient à l’encontre de la volonté des travailleurs en grève. Ces derniers avaient, en effet, décrété une grève illimitée jusqu’à satisfaction de leur revendication caractérisée, pour rappel, dans «le départ immédiat du directeur général de l’usine». Trois mois après le début de la grève, le mouvement est jugé «illégal» par la justice. Un jugement suite auquel le directeur appelle les travailleurs à mettre fin à ce mouvement. En effet, dans une note destinée à ces derniers, il rappelle les résultats de cette grève ayant paralysé l’usine de fabrication de meubles, citant en plus le caractère «illégal» attribué au mouvement par la justice. «Le blocage illégal de l’accès au directeur général est prononcé par le même tribunal et confirmé par la cours de Tizi-Ouzou», souligne-t-il. Il rappelle à la même occasion le manque à gagner que s’est accumulée l’entreprise depuis le début de la grève avec «plus de 150 millions de dinars», en plus de «la perte de crédibilité envers les clients ainsi que les fournisseurs». Le responsable «mal aimé» des travailleurs interpelle, de ce fait, les ouvriers à «rejoindre leurs postes de travail», n’omettant pas de s’engager à «prendre en charge leurs préoccupations socioprofessionnelles pour développer et préserver la pérennité de l’entreprises». L’appel trouvera-t-il écho dans le clan des travailleurs en grève ? Rien n’est moins sûr, vu leur détermination affichée dès le début de la grève qui entame son quatrième mois, ceci après que la lueur d’espoir entrevue par les manifestants avec la venue du secrétaire général de l’Union général des travailleurs algériens (UGTA) à Tizi-Ouzou, Abdelmadjid Sidi Saïd, ne soit dissipée à mesure que le temps passe. Car, faut-il le rappeler, le SG de l’UGTA avait annoncé tout de go, le départ du directeur de l’usine conformément à la volonté des travailleurs qui parlaient même de la venue d’un nouveau responsable. Mais plus de quinze jours plus tard, les travailleurs ont fini d’espérer une issue à la situation. Le directeur général est accusé par les travailleurs de contracter des marchés d’approvisionnement avec des fournisseurs et signant des contrats de vente à crédit sans consulter ses collaborateurs. Par-dessus tout, «il a procédé à des recrutements hors wilaya sans aucune consultation interne sur les besoins de l’entreprise en termes de ressources humaines», comme le soutenait la section syndicale de l’usine.
Tassadit Ch.

