Les perturbations climatiques tant attendues par les agricultures et la population en général n’ont pas eu l’effet escompté. En effet, ces dernières jouent sensiblement sur les humeurs de ceux qui suivent attentivement et avec angoisse les variations climatiques survenues durant la semaine écoulée à partir du dimanche. Ces changements ont débuté par l’arrivée d’une vague de froid venue d’Europe ponctuée par une tempête de neige sur les hauteurs dépassant les neuf cent mètres d’altitude sur la chaine montagneuse du Djurdjura, et les quelques averses de pluie fines insignifiantes n’ont été d’aucune utilité à une terre assoiffée. Bien mieux, ces averses ont été immédiatement suivies par des tempêtes de vent assez fortes qui dépassent parfois les quatre-vingt kilomètres à l’heure le long de la semaine, notamment de nuit. Ce vent achève d’assécher les quelques gouttes de pluie qui ont aspergé la surface du sol avec, en plus, la réapparition du soleil, qui a non seulement chassé la vague du froid en replongeant toute la région dans un climat plutôt tiède anormal pour un mois de janvier, mais a aussi fait rapidement fondre la légère couche de neige qui a agréablement embellie les paradisiaques flancs du Yemma Khlidja durant à peine deux jours. Une étonnante variation climatique qui joue sur les humeurs, notamment le vent qui souffle sans éruption soulevant de la poussière, des sachets, des papiers et toutes sortes de feuillages morts, et en ébouriffant les chevelures et donnant un aspect lugubre à ceux qui circulent à travers les rues des grands centre urbains, dont les longues ruelles entre les bâtiments formant des couloirs à travers lesquels s’engouffre un vent condensé assez violent. Il n’en demeure, cependant, pas moins que le manque de pluies durant cette période allant de novembre à janvier est un phénomène qui renforce la thèse du décalage des saisons observée depuis 2004, l’année durant laquelle le cycle sec qui s’est étalé sur trente-six ans était arrivé à son terme, pour céder la place à celui humide qui s’étalerait sur la même période de 36 ans à venir. Un phénomène qui explique ces perturbations climatiques qui paraissent bizarres mais tout à fait naturelles. Ce n’est qu’à partir de la fin du mois de janvier que l’hiver s’installerait définitivement si l’on se base sur cette thèse suivie par les spécialistes en météorologie depuis plusieurs siècles. Un phénomène tout à fait naturel qui n’a rien à voir dans cette pseudo-déchirure de la couche d’ozone et le réchauffement climatique autour desquels tout un tapage a été orchestré.
Les barrages à l’origine d’un changement climatique
Il convient, cependant, de souligner qu’un sensible changement climatique a été observé au niveau de l’ex-vallée de la Soummam dans laquelle a été incluse celle de l’actuel sahel qui était délimitée au niveau du territoire des daïras de M’Chedallah et Bechloul, suite au découpage administratif de 1975. Ce changement climatique dans cette région est intervenu après la mise à eau et le remplissage des deux barrages qui l’ont prise en sandwich, celui de Tilesdit à Bechloul à l’Ouest et celui de Tichy Haf à l’Est dans la région d’Akbou, depuis ces cinq dernières années. Ce qui a abouti sur la formation d’un microclimat à l’origine d’un sensible changement atmosphérique dans ces deux daïras qui se sont retrouvées, depuis la mise en service de ces deux barrages, prises dans un effet de serre avec en prime une hausse sensible du taux d’humidité.
Oulaid Soualah
