… L’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou en liesse

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Depuis dimanche dernier, les étudiants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou vivent une ambiance particulière, en célébrant le nouvel an berbère ou Yennayer 2966. Toute la communauté universitaire, en effet, est, durant cette semaine de dimanche à jeudi, l’invitée du département de langue et culture amazighes, l’organisateur coutumier de toutes les occasions culturelles berbères à l’université. Les étudiants qui sont venus de différents départements et différentes facultés ont eu l’occasion de s’arrêter aux derniers produits en matière de livres exposés à la vente, notamment en langue kabyle. «Avec l’officialisation de tamazight, un plus beau souvenir que l’on puisse hériter de l’année qui vient de s’en aller (2965), l’accueil du nouvel an cette fois a un charme particulier. Je remercie les étudiants du département de tamazight qui ne ratent jamais ce genre d’occasions», nous dira un étudiant rencontré au département de tamazight, où s’est tenue l’exposition-vente de livres. Et d’ajouter : «Je trouve ici un riche éventail de livres. Je m’intéresse plus aux livres écrits en langue kabyle. J’aime lire ma société dans ma langue. Je m’intéresse aussi aux livres qui portent sur la grammaire de ma langue maternelle, le kabyle». Des objets artisanaux par lesquels est connue la Kabylie, comme ces vases en poterie, entre autres, ont fait l’objet de l’exposition permanente. Hier, la pièce théâtrale «Mohand Uchabane» du dramaturge kabyle Mohya, jouée à la salle de l’auditorium de l’université a été suivie par un large public estudiantin. «C’est à la fois du l’humour et des messages lourds de sens à retenir de cette pièce théâtrale. Je pense que les comédiens ont su faire monter les idées du grand Mohya à travers cette pièce», nous dira un étudiant parmi le public du spectacle théâtral. Deux conférences débats sont également programmées lors de cette manifestation culturelle, organisée à l’occasion du nouvel an berbère. Une sera animée par M. Mohand Akli Salhi, enseignant au département de langue et culture amazighes de Tizi-Ouzou autour de l’écriture en kabyle, et l’autre sera donnée par M. Boukhrouf Belkacem, enseignant chercheur à l’université de Tizi-Ouzou. Cette dernière portera sur le combat identitaire en Kabylie. Outre la manifestation culturelle qu’organisent les étudiants en faveur des origines berbères, c’est toute l’université de Tizi-Ouzou qui est liée à un nom d’un homme de lettres universel de la région qui a produit «Poèmes Kabyles Anciens», «Thajarrumt n tmazight», «La Colline Oubliée»… Tous des produits intellectuels en faveur de la langue et de la culture amazighes.

Noureddine Tidjedam

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