Timizart L’association déplore l’absence d’infrastructures pour abriter des activités culturelles – «Youcef Ou Kaci» freinée dans son élan

À l’instar de la plupart des communes de la Kabylie, celle de Timizart, daïra d’Ouaguenoun, manque cruellement d’infrastructures (salles de spectacles, de conférences, auberges,) pour abriter des activités culturelles.

Malgré ce handicap énorme, une association à tenté une brèche dans cette aridité en prenant sur soi d’organiser chaque année un Festival de poésie pouvant redorer le blason de la région terni sur ce plan. Malgré la volonté de ses membres et l’aura dont jouissait l’association culturelle Youcef Ou Kaci, l’élan se brisa au bout de quelque sept éditions organisées au niveau de la commune sur ces écueils et les limites du travail bénévole. Comment en est-on arrivé là est la question que nous avons soulevé auprès de certains membre du bureau de ladite association. Ainsi, pour Djafar, le trésorier de l’association, celle-ci bute sur un dilemme terrible : où et en quel lieu organiser des activités ? «L’idéal est que notre programme d’action puisse avant tout bénéficier à notre région. Parmi les objectifs que s’est fixée notre association : rapprocher la culture le plus possible des gens. C’est ainsi que par un passé récent, nous avons pu programmer dans des villages des activités théâtrales, poétiques, où le meilleur de ce qui se produit chez nous fut présenté à nos concitoyens. Des femmes et des hommes qui n’ont jamais pu assister à un spectacle on pu ainsi découvrir, pour la première fois de leur vie, une scène, une pièce théâtrale, un récital poétique, assister à des conférences ou tout bonnement voir en live leur chanteur préféré. Evidemment, les choses ne furent pas faciles pour nous, tant notre commune souffre d’un manque flagrant en matière d’infrastructures, surtout celles inhérentes à l’hébergement et la restauration de nos invités». C’est d’ailleurs pour cette raison, ajoute notre interlocuteur «qu’à la longue, cette difficulté use toute volonté la motivation du départ s’étiole et finit par céder le pas à la lassitude». Ce représentant de l’association enchaîne en expliquant que pour parer au manque d’infrastructure «La facilité est d’organiser les festivités au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri à Tizi-Ouzou, mais ce choix bute sur une énormité ; priver les gens de notre commune de la chose culturelle !» regrettera-t-il. Pour Arkoub Abdellah, président de l’association, ce qui freine les activités de l’association depuis deux années s’explique par la fatigue de ses membres mais aussi par le souci de prendre du recul afin de mieux sauter. Il nous dira: «organiser des activités juste pour marquer une présence ne rentre pas dans notre ligne de mire. L’objectif initial de notre association est d’apporter un plus à notre culture surtout dans le domaine de la poésie et du théâtre. Aussi, nous avons deux axes prédominants : produire et organiser. Notre association a été la première à investir le théâtre et ce, par la création de l’une des premières troupe théâtrale de la Kabylie, en l’occurrence la troupe «tachamlit» qui a pu obtenir plusieurs prix et à faire des tournées partout dans la Kabylie mais aussi en dehors de la Kabylie comme Oran, Mostaganem, Alger, Batna, Setif, Béjaïa, Bouira, Boumerdès et cela grâce à l’abnégation des personnes qui furent derrière cette troupe comme Hamid et Noredine Ait Slimane, Nait Dahmane Mustapha, feu Said Iamrach et le comédien Ait Gueni Said Hocine, cela d’une part. D’autre part, notre désir est d’organiser des spectacles de plus en plus professionnels mais cela suppose moyens et sponsors. Malheureusement, si certains sponsors sont présents pour accompagner nos activités, notre commune est lésée sur le plan des infrastructures. Utiliser des Lycée ou des CEM pour les représentations ou l’hébergement ou la restauration n’est pas évident et rabaisse la qualité de l’activité vers un amateurisme qu’on est normalement censé avoir dépassé». La même vision, on la retrouve chez le secrétaire de l’association qui lui nous dira à son tour: «Quand j’ai envisagé la création d’une association culturelle en 1990 avec l’artiste de la région feu Said Iamrach, l’idée du départ était de sortir notre région de l’hibernation culturelle tant rien ne se produisait sur ce plan auparavant au niveau de l’âarch des Ait Djennad. C’est ce qui explique que le premier bureau de l’association, présidé justement par Said Iamrach, était composé par des gens issus des trois communes Freha, Aghribs et Timizart. C’est cela qui nous à permis d’organiser le premier festival de poésie Youcef Ou Kaci en 1990 et qui a touché les trois communes citées. Ce festival financé par les trois APC de l’époque fut grandiose car organisé conjointement avec la radio chaîne II, notamment la fameuse émission ‘’leqlam d umedyaz/plume et poète’’ d’Agarougj Rabah. De grandes personnalités de la culture kabyle ont pris part à sa conception, à l’image de Ben Mohamed (président du jury), Boukhelafa Mohamed, Sid Ali Nait Kaci, Belaid Tagrawla, Abdeslam Abdenour, Rachid Aliche et tant d’autres animateurs de la radio de l’époque. Evidemment, continuer sur cette lancée demande souffle, volonté et un minimum de soutien de la part des autorités (sur les plans logistique et financier). Ce ne fut pas toujours le cas. Fatalement, on se lasse. Nous avons misé sur l’institutionnalisation de notre festival pour qu’il puisse bénéficier d’un budget régulier et conséquent, mais malgré maintes promesses, la chose ne s’est pas concrétisée dans les faits. Fatalement, à la longue, l’sure est là et la volonté s’émousse. Bon gré mal gré on se retrouve obligés de tout lâcher au grand dam des amoureux de la culture, de nos amis poètes, nos partenaires et de nos citoyens que nous avons pourtant habitués, surtout en été à des festivals de théâtre et de poésie. Nous en sommes les premiers désolés».

A. S. Amazigh