Des étudiants en parlent

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En plus des revendications majeures que réclament la coordination locale des étudiants (CLE) qui a appelé à une journée de protestation suivie dans tous les départements, facultés et campus de l’université de Tizi-Ouzou, hier, des étudiants nous parlent d’autres problèmes, moins apparents mais sérieux, qui les poussent à qualifier leur scolarité d’anormale. «Tout le monde dans notre université des plus petits aux plus grands responsables, ont fini par adopter d’une manière collective le laisser-aller, l’indifférence et l’irresponsabilité. Les étudiants se disent réduits au statut de victimes. «Nous baignons dans un climat encourageant la paresse et l’ignorance. Les responsables du secteur ne tentent même pas d’y mettre les moindres ordre, organisation ou rigueur», nous dira Lounis, un étudiant du département de lettres arabes. Il reviendra sur les conditions dans lesquelles se déroule un cours magistral ou de travaux dirigés (TD) : «Ne pas commencer son cours à 8h00 est devenu une culture. Même si l’enseignant arrive dans la salle ou à l’amphithéâtre à l’heure, la majorité des étudiants font leur arrivée alternativement 10mn, 15mn, 20mn… après. Et la séance se passe dans le : est-ce que je peux entrer ? de l’étudiant et le : oui, mais essayez d’arriver à l’heure la prochaine fois, de l’enseignant». Notre interlocuteur poursuivra : «Depuis très longtemps, les poignées des portes des salles sont cassées et personne ne bouge le petit doigt pour les réparer. Les portes s’ouvrent et se ferment, au gré du vent ou du défilé des étudiants retardataires ou de passage dans les couloirs. Le sol est toujours jonché de saletés et de détritus». L’étudiant ajoute : «Même les chaises et les tables sur lesquelles nous essayons de travailler sont au mieux sales et au pire complètement désarticulées. Même les murs des salles ne sont pas épargnés, couverts toutes sortes d’écrits et de dessins plus grossiers les uns que les autres. Et tout cela dure depuis trop longtemps, comme si c’était normal». Un autre étudiant nous dira : «Même en dehors des salles et des amphithéâtres c’est le désordre qui règne. Les poubelles débordent et dégagent des odeurs nauséabondes insupportables. On se croirait n’importe où ailleurs que dans un campus universitaire. Quand je vois tous ces portraits d’illustres savants qui nous transpercent du regard, j’ai honte du cadre qu’on leur a réservé les lieux sont indignes de ces représentants du Savoir. Il suffirait pourtant d’un tout petit peu d’entretien, comme pour cette fontaine qui en a vraiment besoin». L’étudiant conclura avec un appel du cœur : «Serait-ce sorcier de remédier à tout cela ? Non, il suffirait d’une simple bonne volonté».

Noureddine Tidejedam

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