Les parents d’élèves s’inquiètent

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Les professeurs du lycée communal, mis en service le 3 janvier dernier, entameront, aujourd'hui, leur deuxième semaine de grève.

«Jusqu’à jeudi dernier, rien n’a été fait pour améliorer nos conditions de travail. Vraisemblablement, notre mouvement se poursuivra. Nous tiendrons une assemblée pour décider des actions à entreprendre en plus de cette grève», nous confiera, sous couvert d’anonymat, un gréviste. Pour rappel, les enseignants de cet établissement ouvert en ce début d’année avec des manques criants ont débrayé dimanche dernier, pour justement dénoncer l’absence d’un encadrement suffisant (ni censeur ni surveillant général, moins d’adjoints d’éducation). Et ce n’est pas tout. Au premier jour de ce mouvement, ils nous ont évoqué l’absence totale de chauffage dans les salles de cour, pas de cantine (non encore opérationnelle), manque de sécurité autour de cet établissement, le terrain de sports non encore livré… On ne peut reprendre tout ce qui nous a été signalé. «Il faut dire que ce lycée n’a presque pas fonctionné depuis sa mise en service. Déjà lors de la première semaine après les vacances d’hiver, les élèves étaient libérés à midi faute de restauration. C’est pour vous dire que ce deuxième trimestre est mal entamé par les lycéens de M’Kira», ajoutera notre première source. On croit savoir qu’une commission de la direction de l’éducation de Tizi-Ouzou serait déplacée jusqu’à ce lycée, mais elle n’aurait trouvé aucun interlocuteur sur place. Maintenant, l’inquiétude gagne les parents d’élèves d’autant plus que la ministre de l’éducation nationale a annoncé que l’examen du Bac aura lieu le 29 mai prochain. C’est dire qu’avec ce mouvement de grève auquel il faudra ajouter les autres semaines de novembre où les élèves ont souvent fait grève à cause du transport scolaire ainsi que les mouvements observés pour contester la suppression du Bac sportif, beaucoup de retard dans l’avancement des programmes reste à être comblé. Est-ce que les élèves vont encore sacrifier leurs vacances de printemps pour rattraper ce retard ? Parce que, faudra-t-il le souligner, pratiquement, il ne reste pas grand chose pour l’année scolaire. Car, à en croire certains professeurs, si les élèves demandaient un mois pour les révisions de fin d’année, il faudrait s’attendre à ce que le Bac blanc ait lieu à la mi-avril. «Vraiment, nos enfants sont perturbés. Sinon, comment les responsables les auront-ils déplacés de leur établissement vers un lycée en chantier alors que ce n’était guère une urgence ? Ceux qui ont fait la pression pour inaugurer ce lycée ont maintenant tort. Combien de temps leur restera-t-il d’ici la fin avril si les professeurs maintenaient leur mouvement pour une autre semaine ? Il faudrait quand même penser à la scolarité de ces élèves. Non seulement, ce sont les candidats au Bac qui vont payer ce retard, mais aussi, les élèves de 1e AS et de 2e AS qui ne finiront jamais leurs programmes pour être prêts pour les années à venir. Que chacun prenne ses responsabilités car il y va de l’avenir d’au moins trois générations. C’est pourquoi la ministre de l’Éducation nationale avait déduit que les bacheliers qui arrivaient sur les bancs de l’université ces dernières années, avaient un déficit d’au moins deux ans dans leur processus d’apprentissage», nous répondra un parent que nous avons joint au téléphone à propos de cette grève. Y aura-t-il une solution en ce début de semaine pour qu’enfin la sérénité s’installe dans cet établissement ?

Amar Ouramdane

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