Aïn El Hammam pleure Si Lhafid

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Comme lors du décès de Hocine Aït Ahmed, la population d’Aïn El Hammam, fière des siens, a appris, avec consternation, la disparition d’Abdelhafidh Yaha, plus connu dans la région sous le nom de «Si Lhafidh». Comme une traînée de poudre, la nouvelle a vite fait le tour des villages où l’on se souvient de ses fréquents passages, lors de la guerre de libération. Beaucoup de citoyens se souviennent, également, de sa venue à Michelet, son deuxième village où il est aussi populaire qu’à Iferhounène, et même des cafés maures où il s’est rendu pour discuter avec les simples citoyens qui l’avaient abordé. Dans les rues de la ville, les discussions qui portaient sur l’événement, ne manquaient pas de faire allusion à son courage, sa bravoure et sa droiture. Moudjahid de la première heure, il avait sillonné toute la région d’Iferhounène et au-delà où la population le cite comme exemple de combattant téméraire. La plupart de ses camarades du maquis sont aujourd’hui décédés et notre recherche pour en trouver s’est avérée vaine. La nouvelle génération locale se souvient de cet homme qui avait organisé une conférence à la salle de cinéma, suivie d’une vente dédicace de son livre, lors de sa sortie sur les étals. Hamid se rappelle que, pendant près de deux heures, Si L’Hafidh avait rencontré les lecteurs qui l’avaient pressé de questions auxquelles il avait répondu de bonne grâce. Devant son kiosque, un jeune homme exhibe le livre «ma guerre d’Algérie» qu’il dit avoir lu dès sa parution. Il relate aux quelques personnes présentes devant la devanture du café mitoyen, les différents passages du livre qui ont retenu son attention. Il nous apprendra que ce héros de la guerre de libération avait le grade de commandant et était, avec Hocine Aït Ahmed, co-fondateur du FFS en 1963. À son retour d’exil, en 1989, son village «Ath Atsou» fut pris d’assaut par ses anciens compagnons d’armes ainsi que de nombreux citoyens anonymes venus saluer cet homme exceptionnel. Avec la disparition de Dda L’Hocine et de Si L’Hafidh, c’est tout un pan de l’histoire de l’Algérie qu’on vient de perdre. Aujourd’hui, on évoque le défunt avec respect pour ce qu’il fut durant et après la guerre de libération. Notons que Si L’Hafid est né en 1933 à Iferhounène, un village de la commune mixte du Djurdjura, à l’époque.

A.O.T.

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