L’assemblée populaire de wilaya qui s’est réunie, hier, en séance extraordinaire, a donné, d’entrée de jeu, un spectacle lamentable des stratifications qui la constituent et qui aboutissent sur les sujets les plus anodins au désaccord le plus total.
Cela a commencé après la lecture du long texte sur le règlement intérieur de l’APW. Le premier à ouvrir le feu était un membre du FLN. C’est l’un de ceux qui avaient ouvert la voie de la dissidence lors de la désignation du candidat du parti par le secrétaire général Saïdani pour les sénatoriales. Lui, partisan des primaires, voulait que son investiture se fasse par ce mode d’élection démocratique. Depuis, la discorde couvait au sein de cette formation politique. L’occasion était belle, donc, pour ce membre pour montrer ses griffes. Il s’est lancé dans une longue tirade pour montrer l’article 4 qui désigne le remplaçant du P/APW en cas de force majeure, contre l’article 9 qui donne au P/APW les prérogatives pour fixer le programme des activités de l’APW après l’avis du wali. L’intervenant ne voyait pas d’équivalents dans le code de wilaya et a demandé des éclaircissements que le président de l’APW ne paraissait pas en mesure de fournir. Dès lors, la brèche était ouverte et le membre d’un autre parti s’y est engouffré allègrement. Ce dernier s’est focalisé sur l’article 20 qui précise dans quel cas la parole peut être retirée à un intervenant lors des débats lorsque ses propos sont hors sujets ou blessants, mais ne définit pas les conditions qui peuvent être à l’origine de la levée de la séance. Il a, également, cité l’article qui exige que les délibérations soient faites en arabe, mais qui ne fait pas obligation d’employer la langue amazighe, considérée comme langue nationale et officielle, du moins dans les débats. Les réponses fournies par le P/APW n’avaient pas davantage convaincu. Un troisième ayant attendu qu’on fasse connaitre les commissions qui allaient présenter leurs rapports à cette session, avait tenu à savoir comment on désigne ces présidents et les membres qui la composaient. Etait-ce les partis qui fonts du poids dont ils pèsent au sein de l’APW qui les imposent, ou bien était-ce pour leurs compétences ? Lecture a été faite des cinq partis qui siègent à l’APW avec, à leur tête, le FLN qui détient 22 sièges, soient 24% de l’assemblée. À partir de ce moment, la séance avait tourné à l’empoignade. Un quatrième membre s’adressant directement au P/APW a fait savoir que ce dernier lui avait appris qu’il conservait sa place de vice-président à la commission qu’il chapeautait à ce titre avant de découvrir qu’il avait perdu sa place. Débordé et mal à l’aise, le P/APW avait répondu qu’il lui donnerait les explications nécessaires dans son bureau. D’autres voix s’étaient encore élevées pour demander la parole. Une d’entre elles a fini par dominer le tumulte. Le sujet abordé était du plus haut intérêt. Il concernait le climat. Depuis trois mois, faisait remarquer l’intervenant, la sécheresse sévit de façon très sévère, menaçant de compromettre l’année agricole. Le comble, a-t-il souligné c’est que les prévisions qui s’étalent jusqu’au 15 mars n’annoncent rien de bon. Quelques orages peu conséquents le 7, le 10 et le 17 février, puis le 15 mars et ce sera tout, a-t-il annoncé. Le cumul pluviométrique ne dépasserait pas les 40 mm. Préoccupé ce membre d’APW avait demandé que le sujet soit inscrit à l’ordre du jour de la prochaine session, car il interpelle tout le monde. Pour couper court à toute discussion, on a donné lecture de la sourate, suivie de l’hymne national et la séance a été levée pour reprendre vers 13 heures, libérant les nerfs mis à mal par cette épreuve de force, mais augurant des difficultés que l’assemblée aura à traverser à l’avenir.
Aziz Bey.

