Les habitants du Arch d’Ath Mekla, relevant de Chabet El Ameur, ne décolèrent pas. Comme lors de deux précédentes journées, leurs représentants sont revenus, hier, à la charge, pour protester contre le manque criant d’eau potable et le non raccordement de leur agglomération au gaz naturel. Alors qu’un groupe de manifestants avaient bloqué dans la matinée, l’axe reliant Timezrit à Issers, d’autres se sont massés, hier mercredi, devant le portail de la mairie, bloquant notamment l’accès à l’état civil. Au premier jour de ce mouvement de manifestation, le président de l’APC lui-même fut empêché durant plus de deux heures d’entrer dans son bureau. «C’était le seul moyen en notre possession pour faire pression sur le maire, afin qu’il s’occupe, une fois pour toutes, de nos doléances», ont témoigné deux délégués du village cité. Et hier, les manifestants attendaient, surtout, que cet édile municipal leur fixe des échéances précises pour le règlement des deux problèmes soulevés. Ils insistent pour dire qu’ils ne réclament pas des logements ou des postes d’emploi, qui ne figurent d’ailleurs pas clairement dans les projets communaux de développement ces dernières années, mais plutôt la concrétisation des promesses d’approvisionnement en eau et d’adduction au gaz de ville, sempiternellement réitérées lors des différentes campagnes électorales. «Qu’ils cessent de mentir et qu’ils nous ramènent l’eau d’où ils veulent, même de la planète Mars», explose un ancien membre d’une association locale, adhérent à la maison de jeunes. Deux projets d’alimentation de ce village en eau, l’un à partir de Oued Asserdoune (Bouira) et l’autre de Taksebt, avaient été bizarrement annulés, en moins de dix ans, et l’on attend depuis plus de trois ans la mise en fonctionnement de la station de dessalement de Cap Djinet. Considérée parmi les plus anciennes agglomérations de la contrée d’IKhelfounène, celle d’Ath Mekla, regroupant près de 10 000 âmes, souffre plus que tous les autres douars environnants du manque d’eau potable. D’autant plus que de nombreux foyers de ce village ne sont même raccordés aux conduites de ce précieux liquide, a-t-on signalé. «Je ne peux plus supporter de voir ma fille aller chercher l’eau des puits, parcourant parfois une distance de plus d’un km, après sa sortie de d’école», nous confie un chef de famille. Il ajoutera qu’il prenait part constamment aux mouvements de protestations pacifiques pour l’amélioration du cadre de vie des habitants.
Et ce sont précisément les habitants de Azzouza qui ont, hier mercredi, pris le relais de leurs voisins d’Ath Said, une semaine plus tard donc, pour signifier leur droit à cette substance vitale. «Nous refusons désormais de boire cette eau des camions- citernes, non pas à cause de sa cherté mais pour notre santé», tonnera encore un autre manifestant, ajoutant qu’ils ne lâcheront aucunement prise pour faire prévaloir ce droit à une alimentation régulière en eau potable, auquel s’ajoute celui de l’adduction au gaz naturel, pour surmonter les effets de l’hiver rigoureux et mener une vie décente comme les citoyens des communes environnantes.
Salim Haddou
