Aghribs, village de l’ex-président du RCD, réputé pour être le fief du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, vit ces derniers mois au rythme des démissions successives.
Témoins privilégiés d’un malaise dont les plus fidèles de militants ne sauraient dissimuler, 44 militants de la section des Aghribs décident de démissionner. Selon ces protestataires, Aghribs est le baromètre de cet état de déliquescence dans lequel se meut leur désormais ex-parti. On se rappelle de la première liste de 56 militants de la même section qui ont pris acte de se démarquer des structures locales, régionales et nationales du RCD, en date du 15 octobre 2015, liste reprise dans ces mêmes colonnes le 26 octobre dernier, voilà que s’en suit donc une autre liste de 44 militants cette fois-ci. Autant dire que les griefs retenus sont les mêmes que ceux évoqués dans la première déclaration, c’est à dire que les choses ne vont pas en s’améliorant, bien au contraire elles vont en s’empirant. Les militants parlent d’un état où le favoritisme est légendaire. Pour ce faire, le recours à des prises de décisions anti-statutaires est légendaire, le parti est réduit aujourd’hui à un club d’amis, voire à un registre de commerce au profit d’un seul homme. Les militants protestataires évoquent un dysfonctionnement qui a vidé le parti de ses militants intègres, pour faire place aux étrangers au parti, voire à ceux qui l’ont trahi. Dans ce cas précis, ils reviennent sur le renouvellement des structures locales où régionales en signalant «la violation récurrente des textes régissant le fonctionnement du parti» souvent de mise pour placer les «leurs». Ils en veulent pour preuves les différentes pseudo-assemblées générales électives organisées les derniers mois. Tout en reconnaissant que ces pratiques ne sont pas le propre de la section des Aghribs, ils estiment que la gestion du projet de l’implantation d’un centre d’enfouissement technique dans la forêt de Bouhlalou, était la goutte qui a fait déborder le vase. Ils accusent les responsables du RCD d’avoir versé dans l’invective, le mensonge, la manipulation, la propagande au détriment d’une voix plus sage celle de la concertation avec les militants et avec la population. Bien au contraire, estiment-ils, «le RCD a usé d’une véritable démonstration de force, en dépêchant tout un appareil politique sur place et usant de ses «connaissances» dans la presse pour une couverture médiatique médiévale de cette affaire. Devant cette nouvelle gestion méprisante qui fi à toute règle démocratique, devant l’autisme de cette direction et l’absence de toute autorité d’arbitrage fiable, concluent les signataires, «la décision de démissionner de toutes les structures du parti a été prise». Ces derniers n’omettent pas de réitérer leur engagement réfléchi pour sauvegarder le combat pour la démocratie, pour lequel tant de militants se sont sacrifiés.
T. Y.
