Pour attirer une fois de plus l’attention des responsables de l’éducation sur les risques de maladie, dont le cancer, que peut provoquer l’amiante sur leur santé les élèves du technicum d’Ihaddaden, dans la ville de Béjaïa, se sont mis en grève à partir d’hier. Ayant accroché sur la grille d’entrée de l’établissement une large banderole où il est écrit en arabe et en français : «Nous sommes en grève», les centaines d’élèves grévistes se sont groupés, dès huit heures du matin, à l’entrée et aux abords immédiats de l’établissement. Interrogés sur les raisons qui ont motivé leur action alors que leur est très précieux, ils répondent que c’est à cause des murs de leurs classes qui sont faits en amiante et tout le monde sait que cette matière est dangereuse pour la santé elle provoque le cancer. «Nous avions trois ou quatre élèves scolarisés dans l’établissement et sont morts ces dernières années. L’amiante des murs des classes est sans doute à l’origine de leurs décès. Nous avons, nous et nos enseignants, fait plusieurs grèves à ce sujet, mais personne ne nous a écoutés à ce jour», ont-ils souligné. Et d’ajouter : «Nous réclamons que des études sérieuses et fiables soient faites sur les risques de l’amiante des murs des classes sur notre santé». Ils soulignent aussi, comme pour renforcer la justesse de cause, que leurs enseignants les appuient puisque eux-mêmes organiseront demain (aujourd’hui lundi, ndlr) une réunion pour réclamer la même étude et peut-être entamer eux-aussi leur grève pour pousser les responsables à nous écouter. À noter que le désamiantage du technicum d’Ihaddaden et des autres établissements scolaires, réalisés dans l’urgence avec les mêmes matériaux dans les années 1980, est à l’ordre du jour depuis fort longtemps mais peut-être faute de nouvelles constructions ou de places pédagogiques dans les autres établissements pour scolariser les élèves des établissements à désamianter ou peut-être le manque d’argent ont fait que l’opération est reportée d’année en année au détriment de la santé des élèves et du personnel de ces établissements. Toujours au chapitre de la grève des élèves, il y a lieu de signaler aussi celle des élèves de l’école primaire Ahmed Azzoug dans la ville de Béjaïa qui ont refusé également, hier, d’entrer dans la cour de l’établissement au motif que le directeur leur a fermé le deuxième portail d’entrée.
B. Mouhoub
