Si en région berbérophone de la wilaya de Bouira, la transcription des différentes plaques et enseignes des institutions et autres établissements publics se faisait d’une manière systématique et depuis plusieurs années déjà, voilà que cette tradition, commence à faire son apparition dans plusieurs communes arabophones, du Sud et de l’Ouest de la wilaya.
Ainsi, à Aïn-Bessem, Sour El-Ghozlane, Bir Ghbalou et Souk El-Khmiss, des plaques et autres enseignes transcrites en arabe et en Tamazight commencent à faire leur apparition sur les façades d’établissements publics ou économiques, à l’image des sièges des APC, des centres de formation professionnelle (CFPA), des CNEP, des postes et des agences commerciales d’Algérie Télécom. Au niveau de la commune d’El-Mokrani, à l’extrême Ouest de la wilaya de Bouira, l’exécutif communal, et juste après l’adoption de la nouvelle constitution, portant sur l’officialisation de Tamazight dans son troisième chapitre, a décidé de changer toutes les enseignes communales et de les remplacer par de nouvelles plaques, transcrites en Arabe et en Tamazight. D’après l’un des élus de cette commune, les membres de l’APC ont adopté à l’unanimité cette proposition, lors de la dernière réunion de l’assemblée. «Nous avons accueilli avec beaucoup d’enthousiasme cette proposition que nous avons directement adopté et c’est par le biais d’une traduction officielle, délivrée par le département de langue et culture Amazighe de l’université de Bouira que nous avons transcrit ces nouvelles plaques. Les enseignes de tous les services de la mairie, les plaques d’indications routières, les écoles, le CEM, ainsi que la salle de soins communale, sont désormais écrites en Arabe et en Tamazight», affirme notre interlocuteur. D’après ce dernier, une demande officielle sera prochainement transmise aux services de la direction de l’éducation de la wilaya pour l’ouverture de postes d’enseignement de Tamazight dans les écoles de cette commune. «Nous allons saisir, officiellement, la direction de l’éducation pour l’ouverture de postes pour Tamazight dans notre CEM et même dans les écoles primaires, car nos enfants doivent nécessairement renouer avec la langue de leurs ancêtres, et les fondements de leur identité algérienne», termine notre interlocuteur. Dans d’autres communes arabophones de la wilaya de Bouira, les enseignes en Tamazight ont aussi fait leur apparition. À Lakhdaria, Aomar et Kadiria, les services communaux ont également adopté cette mesure, de nouvelles plaques seront prochainement installées, et ce, en attendant d’autres instituions, notamment celles du chef-lieu de la wilaya (collectivités locales et directions), qui ne réagissent toujours pas aux incessantes demandes des citoyens pour la transcription de Tamazight sur leurs façades. «Quelle belle manière avec laquelle les algériens redécouvrent leur identité et leur histoire. Moloud Mammeri sera à l’aise dans sa tombe», nous dira Djamel, un étudiant de Tamazight à l’université de Bouira.
O. K.

