Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou – Le conflit perdure

Pour l’année universitaire de 2015/2016, il faut dire que l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou n’a pas donné satisfaction en termes de pédagogie. Car plusieurs grèves, qui ont duré dans le temps et qui ont touché presque toutes les facultés ainsi que tous les départements, ont caractérisé cette année l’université Mouloud Mammeri. Les grèves mouvementées, soit par la coordination locale des étudiants (CLE), soit par les différents comités autonomes, ont toutes pointu du doit les incohérences remarquées dans la gestion de l’université sur différents plans. «Les emplois du temps élaborés pour cette année sont catastrophiques : Ils n’arrangent ni les étudiants ni les enseignants. Le système LMD, encore plein de zones d’ombres, est comme un bâton dans les mains de l’administration. Pour sanctionner des étudiants notamment les syndicalistes, les responsables de la fac recourent à l’interprétation arbitraire des différentes lois du système pédagogique emprunté», nous dira Samir, étudiant. La majeure revendication des étudiants est d’ouvrir les portes du dialogue entre les étudiants et les responsables de l’université car selon eux, «il n’y a que le dialogue qui pourra aboutir à des solutions». La nouvelle équipe de responsables de la fac, dira un autre étudiant, «a manifesté dès son arrivée au début de cette année, une idée très haute d’elle-même. Et le résultat, qui sème le vent récolte la tempête. Aujourd’hui, à moins de trois (03) mois de la fin de l’année, beaucoup de départements sinon de facultés sont en grève. À la faculté des sciences, au pôle universitaire de Bastos, les examens, ayant été programmés pour le 10 février passé n’ont pas eu lieu à ce jour car les étudiants sont en grève durant toute cette période. Idem pour la faculté de génie civile où les examens sont boycottés depuis deux semaines». Notre interlocuteur conclut en s’interrogeant : «Comment tout cela n’a pas stimulé nos responsables pour aller à la rencontre des étudiants et chercher une solution commune pour l’université ?» Dans le même feuilletant de grève, les étudiants de la faculté des sciences économiques, de gestion et des sciences commerciales, qui, eux aussi, ont procédé au gel des examens depuis deux semaines, ont procédé hier à la fermeture du rectorat devant lequel ils ont tenu un sit-in. «Nous ne voulons pas de notre doyenne qui prend les décisions sans prendre aucunement en considération les comités autonomes, voire tous les étudiants. Je ne sais pas de quoi ils ont peur ces responsables ? Pourquoi ils ne viennent pas ensemble à notre rencontre ? D’un côté ils nous ont culpabilisé en disant que les étudiants des comités sont des perturbateurs et, d’un autre côté ils disent qu’ils vont se réunir seulement avec les étudiants du comité mais pas avec tous les étudiants», nous dira Micipsa, membre du comité de la dite faculté. Il conclut en disant: «Nous ne voulons pas créer de la propagande. Nous voulons une réunion transparente et élargie à tous les responsables de la fac, des facultés, les étudiants et les enseignants. C’est une alternative qui pourra sortir toute l’université des problèmes qu’elle vit». À noter, par ailleurs, que les étudiants de cette faculté des sciences économiques, de gestion et des sciences commerciales, qui rassemble trois départements, ont marché du campus de Hasnaoua jusqu’au siège de la wilaya en soulevant les mêmes revendications.

Noureddine Tidjedam