La déliquescence de la vie politique et sociale, qui dépouille et ronge au plus haut degré la localité de Chemini, a fait sortir un groupe d’étudiants, enfants de la région, de leurs gonds. Étant conscients que seule la lutte pacifique et la revendication légitime d’une «gestion décente» de leur municipalité un groupe d’étudiants, majoritairement de l’université de Béjaïa, veulent reprendre le poil de la bête, et ce, en créant un collectif des étudiants N’Ath Waghlis qui se veut d’être le porte-voix d’une population désabusée et outrée par l’anomie qui règne en maître des céans dans leur commune. De ce fait, les étudiants issus de la localité de Chemini ont tenu une réunion, en date du 29 février 2016 à l’université de Bgayet, au cours de laquelle ils ont longuement débattu de la situation peu reluisante qui prévaut au sein de leur APC. Ce faisant, ces jeunes bénévoles et téméraires à la fois, ont fait appel à la population locale pour un rassemblement devant le siège de la daïra éponyme. Dans l’après-midi du vendredi 4 mars, nombreux sont les villageois qui ont répondu à l’appel dudit collectif. «La situation est grave et désastreuse. Nous ne pouvons rester les bras croisés face à la dégénérescence tous azimuts qui secoue notre commune, de surcroit, les responsables locaux sont inscrits aux abonnés absents», tonne un des étudiants ayant pris la parole devant une foule nombreuse. Et d’enchainer : «Augmentation abusive du ticket du transport, guéguerres entre villageois, retard incalculable quant aux travaux de raccordement au gaz naturel, pénurie d’eau, réseau routier délabré… autant de problèmes pour lesquels nous sommes appelés à tirer la sonnette d’alarme et alerter les hautes autorités, pour prendre les mesures adéquates à l’encontre et du premier responsable de la daïra et du premier magistrat de la commune». Les intervenants ont longuement félicité les initiateurs de cette action, jugée légitime et tombe à point nommé pour secouer le cocotier. En grosso modo, le collectif des étudiants N’Ath Waghlis ne compte pas rester muet, promettant de poursuivre leur mouvement en ayant la ferme conviction que la lutte, pour arracher les pleins droits des villageois, mérite l’adhésion de tout un chacun.
Bachir Djaider
