«Le foncier est à l’industrie ce que l’arbre est à la nature », dispose un opérateur industriel de Tazmalt, dont l’unité est implantée à l’intérieur de l’agglomération urbaine.
Cette citation résume l’inquiétude qui habite les patrons d’industrie et trahit le profond malaise qui ronge l’activité industrielle dans la wilaya. Une activité qui, à se fier à des témoignages recoupés, se heurte frontalement à la difficulté d’accès aux concessions foncières. «Mon appareil de production tourne au ralenti. L’activité butte sur l’exigüité des fonds sur lesquels est bâtie mon unité», maugrée un jeune investisseur d’Akbou, qui déplore avoir été débouté de ses multiples demandes d’accéder à une concession foncière. «J’ai sollicité et le Calpiref et l’Agence foncière de wilaya. Hélas, je n’ai eu comme réponse que des promesses sans lendemains», déplore-t-il. Pour sa part, un opérateur d’Ouzellaguen monte en épingle les incohérences et les contraintes grevant son activité. «La route de l’investissement est un parcours d’obstacles, dont le plus insurmontable est incontestablement le foncier», atteste-t-il. Opérant dans l’agroalimentaire, le gérant d’une PME installée à El Kseur confesse entrevoir de réduire la voilure de son affaire, faute de terrain. «Nos ambitions sont sérieusement contrariées. Pire, si aucune solution n’est trouvée à ce casse-tête, la perte de nos parts de marché est inéluctable», s’alarme-t-il. Un autre investisseur de la région déplore avoir vainement fait antichambre auprès des autorités concernées, pour obtenir un terrain. «Faute de concession, nous n’avons d’autre alternative que de mettre en veille nos projets d’extension et d’investissement», dira-t-il. Un patron d’industrie établi au chef-lieu de wilaya déclare subir un coup de roulis, depuis que le propriétaire du bien-fonds abritant son appareil de production lui a signifié la fin proche du bail. «La fin du bail signifie fatalement la fin de l’activité et des contingents de travailleurs dans la rue, pour gonfler les statistiques déjà élevées du chômage», s’alarme notre interlocuteur, en caressant le secret espoir de voir les autorités acquiescer à son vœu de disposer d’une assiette foncière. À la tête d’une entreprise prospère, un industriel de Seddouk nous fait part de son incompréhension au sujet des concessions foncières de la ZAC de Mizab. «On donne des terrains à des gens qui n’ont qu’un lointain rapport avec l’activité économique, pendant que les véritables investisseurs se voient refuser l’accès à cette zone, laquelle est d’ailleurs quasiment en friche», dira-t-il, interloqué. Son entreprise, confie-t-il, «est en pleine stratégie d’engagement sur des projets d’investissement. Elle nourrit l’ambition d’investir d’autres lignes du métier. En ligne de mire, de nouvelle chaines de production». «Nos ambitions affichées en terme d’investissement sont stratégiques et vitales. Cependant, elles risques d’être remises en cause par le manque du foncier», soutient-il. Bien d’autres opérateurs économiques de la wilaya, barbotant dans les mêmes difficultés, appellent vivement de leurs vœux l’intervention des autorités concernées pour les affranchir de cette hypothèque foncière. Une hypothèque qui pénalisent lourdement l’investissement et se pose en facteur destructeur de capitaux productifs, de valeur ajoutée et d’emploi.
N. Maouche

