Boudjemâa Agraw met le feu

Partager

Invité par l’association culturelle Adrar N’fad de la commune d’Aït-Smail, à l’occasion de la 14ème édition du Festival de poésie d’expression amazighe, le chanteur engagé Boudjemâa Agraw a répondu favorablement à l’invitation, comme à son habitude.

Malgré le froid, il a réussi à enflammer et envoûter, dans la soirée du vendredi passé le nombreux public massé sur l’esplanade de la Maison de jeunes au niveau du chef-lieu de la commune. La première partie de la soirée fut assurée par un jeune chanteur amateur du village de Talaata, Sofiane Ouali, qui interpréta plusieurs titres du chantre de la chanson kabyle Lounès Matoub, ce n’est que vers 22 heures que Boudjemâa Agraw est monté sur scène. Puisque l’édition est dédiée à la mémoire de Matoub, Boudjemâa a entamé son récital par l’hymne national version Matoub. Ensuite il gratifia le public présent en nombre de plusieurs chansons. Il interpréta également certains titres de Matoub et Slimane Azem, deux chanteurs qui ont marqué leur époque et auxquels il rend toujours hommage dans tous ses galas. Malgré le froid, la fête a duré jusqu’à minuit. La fatigue et le poids des ans ne l’ont pas empêché de faire plaisir à ces jeunes qui voulaient danser et chanter. Il fit plaisir aussi aux anciens en interprétant des chansons du fameux groupe Agraw des années quatre-vingts, telles que «Ouliw yeduqus», «Arju Agma», «Chef ou parti»,…. etc. Tard dans la nuit, malgré qu’il devait se rendre jusqu’à la ville de Béjaïa, il accepta poliment de se laisser prendre en photos avec une dizaine de fans, qui lui exprimèrent leur sympathie tout en le remerciant pour son engagement tout au long de ces années, pour exporter le combat identitaire amazigh qu’il a défendu avec des actes concrets montrant à quel point il aimait sa Kabylie. Il a tenu aussi à s’exprimer pour remercier l’association ACAF, laquelle, selon lui, est une association qui mérite aide et encouragement car elle a réussi à tenir ce Festival pour la 14ème fois, et ce, malgré les moyens dérisoires dont elle dispose. Il a tenu à saluer ces jeunes qui étaient venus le voir malgré que son gala se soit déroulé au moment du match de l’équipe nationale. «Je salue cette association et ce Festival car c’est l’une des rares tribunes qui restent aux poètes pour s’exprimer. La poésie n’est pas un vain mot, c’est l’amour de la vie, l’expression sincère, spontanée de l’espérance et de la tolérance. Le poète éduque, adoucit les mœurs et éclaire les sombres horizons. Il permet aux gens de rêver d’un monde meilleur, surtout en ces périodes de conflits et de drames». En tout cas, toute la population d’Aït-Smaïl remercie Boudjemâa d’avoir répondu à l’invitation de leur association et souhaite le revoir en d’autres occasions. Il y a eu même ceux qui ont saisi cette occasion pour l’inviter pour revenir manger ibkhsissen l’automne prochain !

Saïd M.

Partager