Une vingtaine de travailleurs de l’usine de fabrication de meubles, Leader Meuble de Taboukert, interpellent le ministre de l’Industrie et des Mines car, selon eux, ils subissent encore les retombés de la crise vécue par l’établissement suite à la grève des travailleurs.
Des licenciements et procès en justice n’ont pas été annulés malgré les nombreux engagements pris au lendemain de la reprise du travail. Au niveau de Leader Meuble de Taboukert, la situation demeure encore corsée, malgré la fin de la crise ayant secoué l’établissement il y a quelques semaines de cela.
En effet, actuellement, la section syndicale dénonce le maintient des sanctions et poursuites judiciaires affligées à plusieurs travailleurs de l’usine, qui ont pris part au mouvement de grève. Une paralysie qui a touché cette usine pendant presque 100 jours et suite à laquelle des travailleurs réclamaient le départ du directeur général. Dans une lettre adressée au ministre de l’Industrie et des Mines, la section syndicale interpelle ce dernier afin d’intervenir et mettre un terme à la situation. D’autant plus que des engagements ont été pris au lendemain de la grève, afin de suspendre toutes poursuites et autres sanctions.
En effet et d’après le document mis à notre disposition, le premier engagement a été pris par le Président du conseil d’administration (PCD) le jour même de l’installation du nouveau directeur de l’entreprise, soit le 4 février dernier. La réunion qui s’est tenue au sein de l’entreprise, a vu la participation du PCD, des représentants du groupe Divindus, du secrétaire général de l’union de wilaya de Tizi-Ouzou (UGTA), de l’union locale et autres cadres, notamment ceux ayant subi des licenciements entre autres.
«Ces décisions de licenciement sont nulles et de nul effet», dira-t-on, tout en ajoutant que pour les affaires en justice découlant de la grève qui dépasse 150 affaires, leur traitement sera pris en charge par le nouveau directeur général, au lendemain de son installation, afin de mettre fin définitivement au malheureux épisode que venait de vivre l’usine. D’autant plus que les décisions de licenciement prononcées à l’encontre des travailleurs au cours du mouvement de grève ont été établies à l’extérieur de l’entreprise et envoyées par courriers aux intéressés, sans aucun enregistrement au niveau de l’administration générale de l’entreprise.
Tout allait, donc, dans le bon sens jusqu’à la réunion du conseil d’administration, survenue le 22 du même mois, date à laquelle des décisions ont été prises, dont l’application des décisions de licenciement et la poursuite de toutes les affaires judiciaires. Dans le document signé par la section syndicale locale, on n’omet pas de signaler que l’ensemble de ces travailleurs licenciés ont travaillé du 4 au 22 février et des fiches de paies leur sont attribuées ainsi que des attestations de travail, mais ils ont été forcés d’arrêter leurs fonctions en date du 23 février et se voir bloqués leurs paies. Survient alors un autre engagement du règlement de la situation qu’endure pas moins de vingt (20) travailleurs à Leader Meuble. Il s’agit de celui pris par le Président-directeur-général du groupe Divindus suite à sa visite et après réunion avec les cadres et agents licenciés.
«Le PDG s’est engagé à régler ces problèmes et à demander la reprise immédiate du travail par les concernés et pour un traitement administratif», écrit-on, en soulignant qu’il a aussi demandé des recours individuels. Mais à ce jour, aucun traitement ne s’est opéré. Suite à cette situation qui s’empire aux yeux des travailleurs qui subissent les licenciements et affaires en justice, l’inspection du travail de la wilaya a été interpelée. Ayant constaté des failles administratives «considérables», l’inspection a aussitôt informé le directeur général par courrier. Portant la référence 41-42/IWT/Sec, une copie dudit courrier nous a été transmise à la rédaction. Mais à ce jour, la situation demeure la même pour ces travailleurs.
T. Ch.
