C’est peut être l’augmentation des cotisations des assurances auprès de la CASNOS lesquelles sont passées de 32000 à 64 000 dinars, qui est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, harcelés de toutes parts- c’est-à-dire par les services d’impôts, les créanciers tant privés qu’étatiques (banques et organismes : ANSEJ, CNAC et ANGEM), pour le recouvrement de leurs dus, mais aussi par les comptables qu’il faut payer rubis sur angles, les jeunes promoteurs des micro-entreprises créées sous l’égide, soit de la CNAC, de l’ANSEJ ou de l’ANGEM ne savent plus à quel saint se vouer. Aussi, c’est dans une atmosphère tendue que s’est déroulée, avant-hier vendredi à 15 heures, la réunion des membres de l’association locale des jeunes promoteurs qui, est elle-même, affiliée au «CAME» de la wilaya de Tizi-Ouzou. En effet, chacun avait des griefs à exposer contre l’administration. Selon les différents orateurs, au lieu d’encourager les entreprises ainsi créées à se développer et à s’épanouir pour pourvoir, dans un premier temps, rembourser les dettes contractées auprès des banques et engranger, dans une deuxième temps, des bénéfices à même de permettre l’extension de ces dites entreprises, de créer des emplois afin d’endiguer le chômage et de participer à l’essor économique des communes de leurs implantations, l’administration préfère octroyer les marchés aux grandes entreprises bien que selon la loi en vigueur, 20% des marchés devraient, en principe, revenir de droit aux micro-entreprises créées selon le dispositifs ANSEJ- CNAC-ANGEM. «De fait, le matériel acquis devient caduque et inutile, puisque nous n’avons aucune part de marché. Je ne comprends pas pourquoi les APC, par exemple, n’octroient pas les projets en dessous de 600 000 DA à ces micro-entreprises ? Si cela se faisait, chaque entreprise ainsi créée, rentrera dans ses comptes au bout de deux ou trois années, et pourra solder son déficit et générer de bénéfices. De facto, nos créanciers seront remboursés, nos entreprises grandiront et, à coup sûr, nous résorberons une grande partie du chômage ambiant», nous dira monsieur Ibghouchène, président de l’association locale de Timizart. Avant d’ajouter : «au lieu de cela, on ne cesse d’augmenter nos charges. La dernière, en date, nous vient de la CASNOS qui double ses tarifs d’assurances. Beaucoup de nos jeunes entrepreneurs se voient obligés de faire des emprunts auprès de particuliers pour s’acquitter de cette cotisation à temps sous peine de pénalités. L’engrenage est terrible, car plus on travaille plus on se rend compte qu’on ne rentre pas dans nos frais. L’exempt d’impôt est un leurre puisque on est obligé de faire des déclarations, chaque mois, et de présenter un bilan annuel aux services concernés. À Cela s’ajoute les frais des assurances de nos employés, l’obligation de s’acquitter du loyer et celle de payer le comptable. C’est dire la lourdeur des charges qui pèsent sur nos épaules !». «Si au moins l’administration nous facilitait les choses ! Il faut faire d’incessants aller retour vers Tizi-Ouzou où tous les services sont concentré (CNAS, CASNOS, ANEM, siège de wilaya,…) pour régler nos problèmes. À titre d’exemple, pour déposer le pointage des employés embauchés dans le cadre du dispositif d’insertion à l’emploi ANEM, il nous faut, à chaque fin de mois, nous déplacer vers Tizi-Ouzoi, pour régler leurs frais d’assurances. Il faut se déplacer vers la CNAS qui vous renvoie ensuite vers l’une des banques affiliées où il faudra faire des chaines qui durent des heures pour payer les frais, et revenir vers ladite CNAS pour finaliser l’opération. On se demande, d’ailleurs, pourquoi verser les frais d’assurances vers le compte bancaire de la CNAS, alors qu’il y a une caisse auprès de la CNAS sur place ? C’est vous dire la perte de temps sèche qu’on nous fait subir», nous confiera une jeune promotrice de la région. Plus grave, selon le témoignage de plusieurs adhérents de l’association locale des promoteurs, trois cas de suicides des bénéficiaires des dispositifs ANSEJ, ANGEM, CNAC de la région on été enregistrés, car ils ne parvenaient pas à rembourser leur dettes auprès de leur banques débitrices. Cela souligne, on ne peut mieux, le marasme dans lequel se débat cette corporation. Aussi, l’appel de la «CAME» de la wilaya de Tizi-Ouzou semble sans équivoque, puisque il stipule, mot par mot, ce qui suit : afin de faire face à la politique d’austérité adoptée par les autorités et qui fragilise la micro-entreprise issue des dispositifs d’aide à la création d’emploi (ANSEJ- CNAC- ANGEM), notre collectif d’appui à la micro-entreprise «CAME» appelle tous les promoteurs au gel : des remboursements des crédits bancaires, des remboursements des PNR, des payements d’impôts et des cotisations de la CASNOS. Par ailleurs, selon monsieur Ibghouchène, une fermeture du siège de la CASNOS est prévue au courant de la semaine… une affaire, donc, à suivre !
A.S. Amzigh
